(Article purement cathartique.)
Nous le pensions possible. Se dire qu’enfin nous allions en avoir fini. Enfin j’allais retrouver mon homme fort, mon roc. Un peu (beaucoup !) râleur, mais qui devient un pilier, LE pilier pendant mes grossesses, qui me laissent me soucier de porter la vie et d’aller vers l’accouchement.
Non, là, le pilier, le roc se devait d’être moi. Je le fus avec grande difficulté. Je réussi à l’être grâce à de l’aide. Une pierre jetée dans l’eau n’a pas grande chance de flotter. Il me fallait quelqu’un pour éviter ma chute ou me ramener à la surface de l’eau quand la descente dans les profondeurs était inévitable.
Nous pensions avoir mérité un beau cadeau de noël. Encore quelques jours et tous seraient finis. Fini les allers-retours aux urgences et les angoisses horribles qui vont avec. Fini de se tordre les tripes tant la peur est immense. La peur, ce monstre qui
circule dans votre corps plus vite que votre sang, qui parasite votre tête et ne vous fait penser qu’aux pires scénarii. Fini la fatigue qui vous paralyse. Cette fatigue tant physique que
moral. Épuisée ne sachant plus comment lutter, cherchant un phare au loin pour nous guider. Fini de voir une personne qu’on aime souffrir et de vouloir souffrir au moins un peu à sa place pour le
soulager ne serait-ce qu’une seconde. Oui, arriver à prier pour une seconde de répit… Une vraie seconde de répit.
L’espoir nous l’avons eu.
Nous en avions déjà fini avec les diagnostics hasardeux de médecins qui ne savent pas. Nous pensions que la roue avait tournée et que la chance nous était revenue.
Mais le répit… Nous l’attendons encore. Le répit, la chance,… ne semblent pas être pour nous en ces fêtes de fin d’année. Alors que tout semblait être sur la bonne voie pour se terminer. Alors que j’espérais fortement que mon amour arrête de souffrir ENFIN ! … -Qu’il est difficile de voir la personne qu’on aime, le père de nos enfants, notre amant, notre meilleur ami souffrir depuis des mois et de rester là, impuissante, ne pouvant que lui tenir la main, lui éponger le front et lui dire des petites phrases pour essayer de lui faire tenir de le coup. Je n’en peux plus d’être impuissante. – Il semblerait qu’une infection, un microbe soit venu le terrasser de douleur à nouveau… Un 25 décembre. LE 25 décembre. Drôle de cadeau de noël. Juste le temps de passer le réveillon avec nous et de voir les enfants ouvrir leurs paquets, qu’il était de retour à l’hôpital. C’était déjà inestimable de vivre ces moments,… comme celui où sa main et celle de Chiara se touchaient, reposant sur mon ventre, ma main venant elle aussi se poser sur les leurs et notre bébé arc-en-ciel venant taper contre mon ventre. Moment inestimable, mais toujours vécu dans la douleur.
Nous attendions une trêve, un cadeau, comme des enfants croyant encore au père noël, comme des adolescents pensant que le monde peut être changé à la simple force de la volonté,… que noël peut faire des miracles. Comme des rêveurs refusant de voir le monde, refusant de se dire qu’à noël les guerres continuent de faire rage, que la maladie continue de ronger certains hommes,…
Oui, il existe de belles choses dans le monde, mais ce n’est pas pour autant que les mauvaises disparaissent comme par magie lors de noël. Mais nous l’espérions. Après tout sans espoir que devient l’être humain ? Donc nous continuerons à espérer… pour que 2012 soit meilleure cette fois.



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