Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 20:39

Voici donc ma dernière nouvelle pour le concours Oxfam France.
Sur 180 nouvelles, 3 jury ( d'écrivains, de professionnels et de lycéens) séléctionnaient chacun 18 nouvelles. Puis ces séléctions étaient ouvertes aux votes des internautes. J'ai donc été séléctionné par le 2ème jury !!!!! j'ai zappé les dates et n'ais donc pas voté lol Je n'y croyais pas mais si si la titre de ma nouvelle était sur la liste :) 

Le réglement ici :

 http://www.oxfamfrance.org/IMG/pdf/Oxfam_Concours_de_nouvelles_2012_Reglement.pdf

 

Et voici la nouvelle ;)


Pia et Liénor.

 

 

 

            Cette histoire commence à une époque où la Terre ne connaissait que des courants ou des étendues d’eau douce. Les ruisseaux se jetaient dans les rivières, les rivières dans les fleuves et les fleuves s’évaporaient immédiatement pour être rendu à la Terre sous forme de pluie.

            Pia était une petite goutte d’eau sensible et romantique. Elle avait toujours rêvé de vivre auprès du Soleil. Elle l’aimait secrètement. Pourtant elle était lucide. Elle savait parfaitement ce que cela signifiait : s’évaporer à la quasi seconde où elle le frôlerait, se démultiplier en plusieurs microparticules et s’évanouir dans les airs. Cependant cela signifiait aussi connaitre la chaleur… La chaleur de ses rayons, de son étreinte, de son amour.

Et ne disait-on pas que, quand une goutte d’eau atteignait le soleil, elle retombait dans les nuages, devenait pluie et se mélangeait aux grands fleuves du monde entier ?

Pia avait toujours rêvé de ça. Aimer à en devenir multiple. Aimer à en parcourir le monde. Toutefois, elle se contenta de rêver et continua sa petite vie. Un jour elle croisa Liénor, une autre goutte, et elles décidèrent de voyager ensembles. Pia fut alors secrètement partagée entre son amour fou pour le Soleil et cet autre amour naissant pour Liénor. Ce dernier était à sa portée, plus simple et moins dangereux.

Petit à petit leurs vies s’étaient créées autour de l’une et de l’autre. Elles ne se séparaient jamais. Pia avait trouvé son égale, une âme sœur non déraisonnable. Elles deux avaient finis par croiser d’autres gouttes et par constituer une flaque sûre et rassurante. Pia,  entourée par cette belle famille, en avait oublié ses rêves fous. Elle se sentait bien.

Mais un jour, alors qu’elle s’était éloignée du groupe, le grand Soleil vient se refléter en elle. Pia se senti frémir de long en large. Chacune de ses particules étaient comme animées d’un feu. Sensation vraiment étrange pour une goutte d’eau ! Ses sentiments, jusqu’à alors oubliés, resurgirent d’un coup. Elle ressentait ce besoin incompréhensible d’être près de lui, de le rejoindre, de sentir tout son être se réchauffer sous ses rayons. Il est vrai qu’elle ne connaissait rien d’aussi beau, intéressant et charismatique que le Soleil. Elle essaya encore une fois d’enfouir loin en elle ses émotions et rejoignit sa flaque.

Mais cette nuit-là, au milieu des autres gouttes et tout contre Liénor, elle se sentit lourde, triste et fatiguée. Elle avait l’impression d’être la première goutte au monde à avoir un cœur. Malheureusement il battait pour un être qu’elle ne pouvait pas avoir. Elle sentait que le Soleil était son âme sœur, mais qu’ils étaient tout simplement incompatibles. Aussitôt l’aurait-elle effleuré, qu’elle serait séparée de lui à jamais. Elle se sentait déchiré par ce que qu’elle ressentait. Le moindre millimètre de son être était douloureux. Elle avait l’impression d’être une goutte de glace parcourue de fissures.

            Les matins qui suivirent furent difficiles. Elle, d’habitude si légère, si fraiche et pleine de vie, était comme liquéfiée. Plus le temps passait, plus elle s’efforçait de faire bonne figure. Ce n’était pas juste d’être torturée ainsi, alors qu’elle avait tout pour être heureuse. Elle rassembla toute sa force pour retrouver la joie qui l’avait lâchement abandonnée et reprendre plaisir à vivre au milieu de la flaque. Elle se concentra de toute sa volonté pour faire fuir la souffrance. Se créant le leurre que seule cette volonté pouvait venir à bout de son mal-être.

Après tout les gouttes, avaient toutes les mêmes valeurs et les mêmes buts. La vie ensemble avait un réel sens. C’était essentiel d’avancer d’un même pas. Pourquoi aller chercher le bonheur ailleurs ? Pourquoi aller le chercher si loin ? Serait-ce réellement du bonheur d’ailleurs ? Qu’en savait-elle après tout ? Pourquoi désirer une vie si inconnue alors que la source même de son bonheur avait toujours été près d’elle ?

 

 

Mais un jour, se sentant consumée totalement de l’intérieur, elle se lança. Il fallait qu’elle rencontre le soleil. Elle ne pouvait plus rester comme ça. Autrement elle allait en devenir folle. Sa vie n’était plus là. Il fallait qu’elle prenne son envol. Elle partit.

Liénor mobilisa toutes les gouttes qu’elle connaissait pour la retenir. Mais leurs interventions restèrent vaines. Il était trop tard, Pia avait trop changé. Elle n’était plus la même petite goutte. Elle était décidée et rien n’aurait pu l’arrêter. Ce cœur, qu’elle avait l’impression d’avoir depuis ce jour où le soleil s’était reflété en elle, était en mouvement. Même s’il restait invisible, elle ne doutait plus de l’avoir. Il lui était soudainement devenu vital de l’écouter.

 

            Personne ne sut si elle put s’approcher assez près du soleil pour lui lancer un « je t’aime », ni même frôler un de ses rayons. Certains auraient juré que Pia avait sourit avant de s’évaporer. Alors que tout le monde sait bien qu’une goutte d’eau n’a pas de bouche et ne peut donc pas sourire. Elle, elle avait apparemment réussi. Le bonheur lui en avait créé une.

Malheureusement Pia n’avait pas pensé que, si, elle, elle avait un cœur et si, elle, elle arrivait à sourire, les autres gouttes pouvaient en faire de même.

Liénor avait senti une étrange sensation en voyant disparaitre sa moitié. Un poids en elle, comme des spasmes qui la terrassaient à chaque pulsations, l’avait envahit. Elle avait mal. Certains auraient jurés la voir verser des larmes. Alors que tout le monde sait bien qu’une goutte d’eau n’a pas d’œil et ne peut donc pas pleurer. Et pourtant Liénor, gouttes d’eau douce, versa des larmes d’eau salée. Elle s’éloigna de sa flaque et scruta les courts d’eau dans l’espoir de voir un signe de sa bien-aimée.

Mais Pia s’était bel et bien évaporée. Liénor resta là, immobile et sanglotant des mois durant. Elle versa tant et tant de larmes que les ruisseaux, les rivières et les fleuves devinrent trop petits pour les contenir. Certains lacs s’essayèrent, bien inutilement. Mais Liénor continuait de pleurer et d’immenses étendues d’eau salée se créèrent un peu partout sur la planète.

Un beau matin, Elle regarda une de ces étendues. Elle semblait infinie. Aussi bien quand on essayait d’en deviner sa profondeur, que quand on perdait son regard dans son horizon. Elle était magnifique. Liénor se demanda comment tant de souffrance pouvait créer de si merveilleuses choses. A cette pensée, les spasmes horribles, créateurs de toutes ses souffrances, disparurent. Elle se sentait bien. Il était temps pour elle de passer à autre chose. Elle reprit son voyage, emportant avec elle les beaux souvenirs qu’elle avait avec Pia. Elle se sentait plus forte que jamais, fière de la force qu’elle avait en elle. Liénor, créatrice de ces étendues qu’on appelle à présent océans.

 

 

 

Par julie - Publié dans : Poèmes, nouvelles,...
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 14:11

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J’avais décidé de ne pas réagir au buzz du Time magazine.

 

Parce que :

 

 

1)    Je n’ai pas trop le temps avec 3 gnomes.

2)    Je ne voulais pas ! ça me saoulait un peu... hum beaucoup ! Les gens peuvent bien penser ce qu’ils veulent. Je sais ce que je fais et pourquoi je le fais. Un peu marre d’argumenter dans le vent,…

 

Mais mon frangin m’a demandé ce que j’en pensais alors, quitte à lui répondre, autant en faire un article.


Bon déjà j’ai du mal à avoir un avis sur un article que je n’ai pas lu. Mais je n’ai pas envie de le lire. Pourquoi ? La photo ne me donne pas envie de le lire. Et pourquoi ? Parce qu’elle est volontairement provocante. Le photographe a confirmé qu’il avait eu cette idée. Moi qui est allaité un grand et qui est des amies qui ont allaité des grands, je ne me reconnais pas ds cette image. Ce n'est pas ça l'allaitement.

La phrase d'accroche va dans le même sens !

L’article peut être ce qu’il veut, les gens retiennent la provocation de cette couverture. Je vous mets le lien vers l’article du babyblog qui résume bien ma pensée sur tout ça :

http://bebe.doctissimo.fr/blog/15655-L-allaitement-en-une-du-Time-.html



Maintenant qu’est-ce que je pense du fait d’allaiter un grand ? Jusqu’à quel âge ?

Je pense qu’il n’y a pas d’âge ;) Loevan a arrêté de téter à 3 ans et 2 mois parce que j’étais enceinte. Si je ne l’avais pas été, il aurait surement continué. Jusqu’à quand ? Je ne sais pas ! Et alors ? J’avoue que, là, s’il reprenait le sein, cela me gênerait. Mais s’il n’avait jamais arrêté, ce serait toujours naturel pour nous.  Dans la préface du livre les années de lait de Marie Australe, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau parle de ses propres limites face à l’allaitement de bambins jusqu’à ce qu’elle allaite elle-même durant plusieurs années. Moi même j'ai commencé à me dire que j'allaiterais 3 mois. Je n'imaginais pas qu'on puisse allaiter plus à vrai dire. Je ne m'étais pas posé la question pour moi alllaiter = bébé.
Puis j'ai allaité 6 mois... et j'ai continué jusqu'à 15. J'avais repoussé mes limites. J'allais les repousser bien plus avec mon deuxième enfant.

Le sevrage naturel est une norme naturelle pour notre espèce. Il est devenu anormal culturellement dans certains pays. La culture ça se fait, ça se défait et ça se refait.

 

Je vous mets un texte qui, je trouve, parle de lui-même.

 

 

Article original de Mothering Magazine. N° 155 juillet-aout 2009

L’allaitement maternel dans les terres de Gengis Khan…

De Ruth Kamnitzer

Que serait l’allaitement dans un endroit où tout le monde le pratiquerait ? Une Canadienne vivant en Mongolie en a fait l’expérience.

 

En Mongolie, un dicton local dit que les champions de lutte sont allaités au sein pendant au moins 6 ans,une référence qui en dit long dans un pays ou la lutte est le sport national !

Je suis partie vivre en Mongolie quand mon premier enfant n’avait que 4 mois, et j’y ai vécu jusqu’à ses 3 ans.

Elever mon fils ses premières années de vie dans un environnement où les regards sur l’allaitement maternel sont radicalement différents des normes dominant en Amérique du Nord, m’a ouvert les yeux sur une vision totalement différente de celle que j’aurais pu avoir chez moi.

Non seulement les Mongols allaitent longtemps, mais ils le font avec plus d’enthousiasme et avec moins d’inhibition que quiconque d’autre au monde. En Mongolie, le lait maternel n’est pas seulement pour les bébés. Le lait de mère n’est pas seulement une question de nutrition et ce n’est certainement pas un sujet tabou ! Après tout, c’est ce dont est fait Gengis Khan.

Comme beaucoup de jeunes mamans, je n’avais pas beaucoup réfléchi à l’allaitement avant d’avoir un enfant. Mais quelques minutes après que mon fils Callum pointa le bout de son nez, il s’accrocha à mes seins et sembla par la suite être déterminé à ce que ça n’arrête jamais. J’ai eu de la chance parce que l’allaitement maternel à démarré facilement pour moi. Je n’ai jamais eu de crevasses, et rarement les seins engorgés. Mais dans ma tête, les choses n’étaient pas aussi simples.

Autant j’aimais mon bébé et valorisais le lien de l’allaitement maternel, autant, par moments, je le trouvais pesant.

Je n’ai pas été préparée à l’ampleur de mon amour pour lui, ou à l’intensité de son besoin pour moi et moi seule, et pour mon lait.

« Ne le laissez pas faire de vous une tototte humaine ! » m’avait avertie une infirmière canadienne à peine quelques jours après la naissance de mon fils alors qu’il tétait des heures d’affilée.

Mais alors que je parcourais toutes les raisons possibles de ses pleurs… Gaz, couche mouillée, sous- stimulation, sur- stimulation ? Je finissais généralement par donner le sein à nouveau, je me demandais si j’agissais au mieux et je me mettais constamment en doute.

Puis, j’ai déménagé loin du Canada, en Mongolie ou mon mari faisait une étude sur la faune. Là-bas les bébés sont constamment enveloppés dans d’épaisses couvertures, ficelés comme des paquets qu’on n aimerait pas voir tomber en morceaux si on les envoyait par la poste. Quand le paquet murmure on lui met le sein dans la bouche. Les bébés ne sont pas changés très souvent, on ne les fait jamais roter, leurs mains ne sont pas disponibles pour attraper un hochet et on ne les met jamais a plat-ventre.
Ils restent enveloppés pendant au moins 3 mois et chaque fois qu’ils font un bruit, ils sont mis au sein.
Ce fut très intéressant pour moi !
A l’âge de 3 mois, les bébés canadiens ont déjà une vie sociale. Certains prennent des cours de natation, d’autres apprennent même a s’auto-apaiser.
J avais supposé qu’il y avait de nombreuses raisons aux pleurs des bébés et que mon rôle était de les comprendre et de leur trouver une solution mais en Mongolie il n y a qu’une seule solution : le sein. Alors j’ai fait pareil !

Un sein fonctionnel en ville
Au Canada une certaine mystique entoure encore l allaitement mais, en réalité, on n’y est tout simplement pas habitué ! L allaitement se passe à la maison, dans des groupes de mères, parfois dans des cafés mais on le voit rarement en public et nous n’avons pas le souvenir d’avoir été allaités nous-mêmes .Cet acte privé entre la mère et l’enfant est, le plus souvent, accueilli par un silence et un regard détourné. Comme les regards envers les démonstrations publiques d’amour des couples. Ce n’est pas vraiment tabou, juste un peu troublant et poliment ignoré. Puis lorsque l’angélique nouveau-né devient, lui même un bambin, avec l’intention précise de faire savoir exactement ce qu’il fait, et comment, alors les regards sont détournés un peu plus rapidement, et parfois même sous des sourcils froncés.

En Mongolie, quand on allaite, on n’est pas envoyé vers les toilettes publiques ou les « salles de repos pour femmes » mais on est en plein milieu de la scène.

Le pratique des Mongols est d’allaiter partout, n’importe où, à n’importe quel moment. Ce fait, couplé avec le fait que les Mongols vivent en grande proximité entre familles fait qu’à peu prés tout le monde est familier avec la vision des seins « fonctionnels ». En Mongolie, tout le monde était heureux de voir que j’allaitais à leur façon (ce qui est bien sur, la bonne façon de s’y prendre !)

Quand j’allaitais au jardin public, les grands-mères me régalaient avec les anecdotes des douzaines d’enfants qu’elles avaient allaités. Quand j’allaitais dans les taxis, les chauffeurs me jetaient un regard complice, en levant leur pouce et m’assuraient que mon fils allait bien grandir et être un bon lutteur. Quand je faisais le marché, avec mon fils scotché au sein, les vendeurs me faisaient de la place à leur stand et encourageaient Callum à boire bien et beaucoup !

Au lieu de détourner leurs regards, les gens se penchaient en avant, tout prés de mon fils qui tétait pour lui donner un bisou sur la joue ! Si jamais Callum lâchait le sein en réponse, et que mon lait jaillissait en plein milieu d’une éjection, personne ne manifestait le moindre signe de gène. Simplement ils essuyaient leur nez, et riaient de satisfaction pour mon fils, visiblement bien nourri !

Depuis les 4 mois de mon fils, jusqu’à ses 3 ans, que j’aille n’importe où, j’entendais le même discours : « L’allaitement maternel est le meilleur aliment pour votre fils et la meilleure chose pour vous. ». L’approbation permanente, constante, m’a fait sentir que je faisais une chose très importante, qui comptait pour tout le monde. Exactement le genre d’applaudissements publics dont chaque jeune mère a besoin.

L’arme secrete de chaque mère paresseuse.

Quand Callum a eu 2 ans, j’ai pris conscience de l’étendue de l’utilité de l’allaitement maternel. Rien n’endort un enfant aussi rapidement, ni ne rompt l’ennui des longs voyages ou du temps passé dans les files d’attentes, ni ne calme une tempête de frustration aussi vite qu’un peu de lait chaud de maman. L’allaitement maternel est l’outil de parentalité le plus efficace et, à l’âge de 2 ans, j’avais l’impression que je l’utilisais a sa pleine puissance mais les Mongols, l’utilisent a un niveau bien supérieur.

Pendant les rudes hivers, enfermée dans les Yourtes pour éviter le froid glacial, j’ai passé de longues heures, avec ma copine Tsetsgee. Ce fut une expérience très riche pour moi car cela m’a fait comprendre que la parentalité varie en fonction de la culture, mais que la biologie reste la même.

Dés le début d’un désaccord entre nos bambins, au sujet d un jouet ou d’autre chose, ma première réaction en tant que Canadienne, était de ramener la paix en distrayant Callum, mon fils, avec un autre jouet, tout en lui expliquant les principes de partage.

Cette technique prend du temps, nécessite un effort, et son taux de réussite n’est que de 50%. Lors des tentatives ratées Callum , à l’âge de 2 ans, ne comprenant pas les principes de partage, se mettait très en colère. Sa frustration se manifestant par des hurlements et des efforts pour se libérer de mes bras. Alors, je le prenais dans mes bras, le berçais et lui proposais le sein.

Tsetsgee, elle, avait une approche typiquement Mongole : dés le premier murmure de mécontentement, elle soulevait son T-shirt, et commençait à balancer ses seins avec enthousiasme en appelant son fils : « viens vers maman mon chérie, regarde mon amour ! Regarde ce que maman a pour toi ! ». Alors son fils regardait droit vers ses aréoles comme une cible, et systématiquement quittait la scène de désaccord et trottinait vers elle.

Son taux de réussite était de 100%.

Époustouflée par son taux de réussite, j’ai appliqué la même méthode!

Voilà, nous étions deux jeunes mères, agitant nos seins comme deux stripteaseuses en compétition, tentant de gagner la faveur d’un client !

Si les grand-mères étaient présentes, elles entraient dans la compétition. Les pauvres bambins ne savaient pas quelle paire de seins choisir : la plénitude et la douceur des seins de leur propre maman ou les vieux gants de toilette de leur grand-mère adorée qui tentait de gagner la reconnaissance et l’appréciation de ses petits-enfants ? Quelquefois, les grands-pères, essayaient de rentrer dans la compétition en pinçant dans leur main leurs faibles masses de graisses, enviant les seins des femmes pour leur efficacité.

Je ne peux même pas imaginer une seconde, les mères des réunions LLL osant les mêmes techniques de négociation de paix avec leurs enfants.

Quand ils marchent et parlent et passent leurs examens ?

Lors des cours de préparation à la naissance que j’avais suivis dans la petite ville du Canada où Callum est né, l’allaitement avait été présenté par le biais d’une vidéo montrant une Suédoise particulièrement sportive, allaitant son bambin au milieu de sa journée de ski. Les futures mamans avaient été très secouées. Bien sûr, allaiter un bébé c’est bien, mais quand ils marchent, et parlent, hors de question ! C’était la réaction du groupe, mais moi, je ne savais pas trop quoi en penser.

Je fus surprise a mon tour quand, un jour, une de mes jeunes amies Mongole me dit qu’elle avait tété jusqu’à l’âge de 9 ans, j’étais sidérée ! Au départ j’ai pris ça pour une blague. Plus tard, mon fils s’est sevré peu après ses 4 ans. Rétrospectivement, donc, je me suis trouvée un peu dans l’embarras du fait que j’ai été incrédule à l’époque.

Bien que 9 ans soit un âge bien avancé pour téter sa mère même sur une échelle mongole, ce n’est pas un cas unique ou exagéré sur une échelle planétaire.

Bien que le thème du sevrage naturel, entamé par l’enfant, ne soit pas un sujet facile à aborder avec les Mongols a cause de la barrière de la langue, il semble que ce soit la norme en Mongolie.

Je n’ai jamais rencontré une maman qui allaitait en « tandem » ou qui pratiquait le « co-allaitement » ce qui m’avait surpris à l’époque, mais il faut dire que les naissances sont bien espacées. La majorité des enfants se sèvrent entre 2 et 4 ans. (* note 1) En 2005 selon UNICEF 82% des enfants en Mongolie tétaient toujours à l’âge de 12 et 15 mois et 65% tétaient encore à 20 et 23 mois. Typiquement, le dernier-né, sans nouvelle grossesse, continue de téter sans limite d’âge. Voilà ce qui explique donc l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de 9 ans de mon amie Mongole. Si on croit à la sagesse des Mongols, la durée de l’allaitement maternel est directement corrélée au succès à la lutte !

A l’âge de 3 ans, Callum tétait encore avec le même enthousiasme qu’un nouveau né et je me demandais comment le sevrage naturel allait être possible. Je me demandais quels étaient les motifs de sevrage des enfants. Beaucoup de mamans disaient que leurs enfants n’étaient plus intéressés par le sein. D’autres disait que la pression des autres enfants jouait un rôle. (Il est vrai que j’ai entendu certains enfants en provoquer d’autres, en leur disant sur un ton moqueur « tu veux téter ta mère ? » de la même façon que j’entends les enfants Canadiens se traiter de « poule mouillée ».

De plus en plus souvent, les contraintes professionnelles forcent un sevrage du sein plus tôt qu’il n’aurait eu lieu naturellement. Les enfants passent souvent les étés à la campagne pendant que leur mère allaitante reste en ville pour travailler. Souvent, les séparations prolongées font tarir la production de lait. Ma copine Buana, qui a aujourd’hui 20 ans, m’a expliqué comment elle à réussi sa carrière de têteuse médaille d’or. « j’ai grandi à la campagne. On vivait dans une yourte traditionnelle. Ma mère m’a toujours dit de bien boire son bon lait parce que c’était très bien pour ma santé. Je pensais que tous les enfants de 9 ans tétaient leur mère. Quand j’ai commencé le collège, loin de la maison, j’ai arrêté de téter. » Puis elle me regarda droit dans les yeux et elle me dit avec un clin d’œil « mais j’aime bien le boire de temps en temps. »

Passez le lait s’il vous plait.

Dans ma perception de l’évènement, le sevrage du sein se passait de façon relativement simple, sur le plan technique. J’imaginais que les tétées allaient décroitre en nombre et en fréquence, et continuer ainsi jusqu’à ce que mon enfant oublie complètement de téter. Mon lait allait se tarir et ce serait la fin de l’histoire. La boutique fermerait ses portes.

En Mongolie, le sevrage ne se passe pas tout à fait comme ça.

En discutant sevrage avec ma copine Naraa, je lui ai demandé l’âge auquel sa fille, âgée de 6 ans à l’époque s’était sevrée. Elle me répondit « A l’âge de 4 ans. Je fus très triste, mais ma fille ne voulait plus téter. » Puis Naraa me dit que la semaine précédente sa fille était rentrée d’un séjour prolongé à la campagne avec ses grands-parents et qu’elle avait voulu téter. Naraa en fut heureuse et me dit « je pense que je lui ai beaucoup manqué. C’était bien, c’était beau. Bien sûr, je n’avais plus de lait, mais cela n’a pas dérangé ma fille. »

Si sevrage par définition veut dire qu’on ne tète plus jamais le sein de sa mère, alors les Mongols ne sont jamais vraiment sevrés. Voici une pratique culturelle qui m’avait étonnée.

Si une maman a un engorgement et qu’aucun bébé ne se trouve a portée de sa main, elle fait le tour de tous les membres de sa famille, peu importe leur âge ou leur sexe, en leur demandant s’ils veulent bien boire un peu d’élixir !

Souvent une femme va exprimer un bol de son lait pour son mari, en guise de gâterie, ou en laisser au frigo pour que quelqu un puisse se servir.

Bien qu’on ait toutes dégusté notre propre lait pour une raison ou une autre, ou qu’on l’ait fait goûter a nos partenaires, ou peut-être ajouté à un café en cas d’urgence, je ne pense pas que beaucoup d’entre nous en aient bu très souvent.

En revanche, chaque Mongol a qui j’ai pu poser la question de savoir si il ou elle aime le lait maternel, m’a systématiquement répondu par l’affirmative. La valeur du lait humain est si célèbre et si fermement ancrée dans leur culture qu’il est considéré bon, non seulement pour les bébés, mais bon tout court.

Le lait humain est souvent utilisé pour ses effets médicinaux, donné aux personnes âgées, en traitement « tous usages » et utilisé pour guérir la conjonctivite, ainsi que pour rendre (paraît-il) le blanc des yeux plus blanc, et le marron plus foncé.

Une copine Occidentale qui tirait son lait au travail avait laissé le récipient contenant son lait dans le frigo commun sur son lieu de travail pendant la journée. Elle l’a récupéré à moitié vide. Elle a ri en disant « Ce n’est qu’en Mongolie qu’on peut soupçonner ses collègues de bureau d’avoir bu son lait ! ».

Avant tout, je pense que les Mongols boivent le lait maternel pour son goût. Une copine occidentale qui tirait son lait au travail avait laissé le récipient contenant son lait dans le frigo commun sur son lieu de travail pendant la journée. Elle l’a récupéré à moitié vide. Elle a ri en disant « Il n y a qu’en Mongolie qu’on peut soupçonner ses collègues de bureau d’avoir bu son lait ! ».

S’intégrer dans une autre culture a pour effet perturbant de se forcer a réévaluer sa propre culture. Je ne sais pas comment j’aurais vécu l’allaitement de mon fils chez moi, dans mon propre pays. La véritable avalanche de soutien et de renforcement que j’ai reçue en Mongolie et l’acceptation voire le respect total de l’allaitement en public m’a tout simplement époustouflée et m’a donné la confiance et la liberté de nourrir et d’élever mon fils de la manière que je sentais comme étant la meilleure pour lui et pour moi, sans qu’on me mette des bâtons dans les roues.

Il y a bien sûr des différences évidentes dans les normes d’allaitement (fréquence, durée etc.) mais j’ai fini par comprendre qu’il y en avait une plus grande dans notre approche de la parentalité et nos définitions de l’autonomie, et de l’indépendance.

En Mongolie, l’allaitement maternel n’est pas considéré comme une « dépendance » et le sevrage n’est pas un but.

En Amérique du nord, nous valorisons tant l’indépendance, que cette attente à une influence sur notre façon d’élever nos enfants. Nos discussions en tant que parents sont toujours basées sur les étapes du développement de l’enfant telles que l’alimentation solide, le nombre de tétées par jour, le nombre d’heures de sommeil et la durée maximale de séparation tolérée.

Même si nous ne nous posons pas ces questions il est difficile d’échapper à leur impact. Il existe un véritable marché de l’équipement pour bébé qui envoie un message très clair qui est que l’enfant doit pouvoir se passer de sa mère.

En Mongolie, l’allaitement maternel ne signifie pas dépendance et le sevrage du sein n’est pas un but. Les Mongols savent que leurs enfants vont grandir. En réalité, le Mongol moyen, âgé de 5 ans, est beaucoup plus indépendant de sa mère que n’importe quel enfant occidental, allaité au sein ou pas. Il n’y a pas lieu de faire une course au sevrage.

Elever mon fils en Mongolie m’a permis de me rendre compte qu’il y avait en vérité des millions de façons de faire, et que j’avais l’embarras du choix. Pour la durée de « carrière de téteur » j’ai dû faire face a une multitude de défis, essayer et laisser beaucoup d’idées reçues et de pratiques populaires jusqu’à ce que je trouve mon propre style. Je suis ravie d’avoir allaité Callum aussi longtemps. Je n’aurais jamais cru qu’il allait téter 4 ans ! Je suis convaincue que l’allaiter est le meilleur investissement que j’aie pu faire pour mon fils et que l’allaitement jusqu’à son sevrage naturel aura un effet permanent sur sa confiance, sa personnalité, le fait qu’il se sente en sécurité ainsi que sur notre relation mère-fils. Puis quand il gagnera la médaille d’or en lutte, j’attendrai qu’il me remercie.

°Note : 1 : Unicef Childinfo : « Monitoring the Situation of Children and Women, Infant and Young Child Feeding 2000-2007» (January 2009) www.childinfo.org/breastfeeding_countrydata.php

Article original de Mothering Magazine. N° 155 juillet-aout 2009

 

 

 

Voilà moi qui ne voulais pas participer à ce buzz, j’ai participé ! ^^

Par julie - Publié dans : grossesse, naissance, éducation,...
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 11:28

 

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Ta naissance,



            Dire que tu as choisis ton moment est on ne peut plus juste. Rien n’était optimal. Ce n’était pas le jour, mais tu as choisi de venir et nous t’avons accueillie. Comme quand tu as décidé de venir t’installer dans mon ventre. Après presque deux ans d’attente, ce n’était plus vraiment le moment (sauf dans nos cœurs bien sûr) et c’est là que tu t’es décidé. Pareil nous t’avons accueillie. Notre petit arc-en-ciel en pleine tempête… Notre merveille… et nous étions bien loin d’imaginer à quel point.

 

Samedi 14 avril :

 

            Ton papa n’est pas là. Il a du se rendre auprès de quelqu’un qui lui est cher. Ce n’était pas prévu. J’angoisse donc beaucoup. A chaque fois que ton papa s’absente, j’ai peur que tu te décides à arriver. Mais ta mamie, ma maman, est là pour m’aider et elle m’a promis qu’elle m’accompagnerait si les choses se déclenchaient pendant l’absence de ton père. Je sais que ça ne sera pas pareil. Mais au moins je ne serais pas seule. Je me permets donc de lâcher un peu plus prise. Restant persuadée que tout se passera bien, au moment opportun.

Ton frère est malade. Une otite. Le matin, nous partons en urgence chez le médecin avec mamie. Elle vient à peine d’arriver chez nous, juste à temps pour que je n’ai pas à trainer un siège-auto dans la rue avec deux bambins qui me suivent derrière.

Des contractions me prennent dans la salle d’attente. Mais elles accompagnent tant ma fin de grossesse que je ne m’alarme pas. Notre généraliste nous dit que l’otite gauche est l’otite de la « jalousie », que peut-être Loevan sent les choses se rapprocher. Notre généraliste ne savait pas, tout comme moi, que c’était si proche.
Nous rentrons. Mamie nous fait le repas et moi je me repose. Je me sens vidée. Ton oncle, ta tante et ta cousine doivent passer dans l’après-midi.

Après le repas nous partons jouer dans les chambres. Je me douche et m’installe sur le lit de ta sœur. Il est 13h et des contractions viennent rythmer encore une fois mon corps. Alors je me repose en regardant ta sœur, ton frère et ta grand-mère jouer ensembles.

Un peu avant 15h, je ne tiens plus. Les contractions sont toutes les 10/15 min mais de plus en plus intenses. J’envoie un texto à ton papa. Je ne sais pas où sont les spasfons (là je me rends compte que déjà mon esprit était dans une autre dynamique). Il me demande s’il doit revenir. Je le rassure, même si moi j’angoisse encore un peu plus. Je le préviendrais si les spasfons ne font aucun effet.

 

Ils enlèvent la douleur mais les vagues restent présentent. Mon frère et sa famille arrivent. Nous papotons, prenons une tisane,… J’arrive à cacher mes contractions aux autres un moment. Je me revois dire à ma belle-sœur « je ne le sens pas pressée ce bébé ». Certes il ne l’était pas vu le rythme de sa naissance, mais son temps dans mon ventre était presque à sa fin et je ne m’en doutais pas. Surtout je ne voulais pas y croire ! Ce n’était pas le bon jour. Je ne voulais pas que ce soit aujourd’hui. Et puis c’était trop tôt ! Je n’étais pas prête.

Vers 18h, les contractions redeviennent intenses. Avant le départ de la famille de mon frère, je dois reprendre des spasfons.

19h. Je préviens Stéphane que les contractions sont toutes les 3 ou 4 minutes. Il est sur la route et content. Moi moins, j’aurais aimé qu’on se repose un peu avant.

Vers 19h 20, les médicaments font effets. Les contractions restent intenses mais s’espacent. Je vais me coucher. Stéphane est enfin revenu. Je dis à ma mère de rentrer. Je lui assure que ce n’est pas pour maintenant. Si j’avais su ! Mais je ne veux pas.

Loevan c’est endormi sur le canapé vers 19h. Stéphane le monte dans son lit.

 

            Vers 20h 30, je me réveille. Les contractions sont toutes les 10 minutes et impossible de me reposer. Elles me réveillent. Je crois même qu’allonger c’est plus dur à supporter. J’entends ma grande fille qui fait une crise d’asthme. Steph s’occupe d’elle. Punaise ! Ce n’est vraiment pas le moment mon petit bébé-arc-en-ciel. Si tu pouvais attendre encore un peu cela serait parfait. Je suis tentée de reprendre des spasfons histoire d’arrêter les choses. Mais deux prises dans la journée qui ont rien arrêté, juste ralenti… ( et encore je sais maintenant que c’était surement le rythme de mon corps), ça fait déjà beaucoup. Je me dis que ça ne serait pas t’écouter et ne pas écouter mon corps, que de faire ça. Ton papa est rentré. Il est près de moi. Au pire, nous serons fatiguée, mais heureux. Je m’installe devant la télé avec mon amour, ton papa.

 

            Un peu avant 21h, j’envoi un texto à Catherine. J’ai peur que ça se déclenche dans la nuit et je préfère qu’elle soit au courant que les choses peuvent commencer. Elle m’appelle. J’aurais du me douter qu’elle voudrait me parler. Mais, moi, je ne suis sûre de rien, alors je n’avais pas trop envie de papoter. Mais que suis-je bête ! Sa voix me fait un bien fou. Nous parlons. Je lui évoque que je pense à des contractions de stress, mais que j’ai un sérieux doute. J’avais donc besoin de la tenir au courant. Elle me dit de prendre les granules homéopathiques qu’elle m’avait prescrits. Si ce sont des contractions liées au stress, cela va permettre de les arrêter. Sinon elles vont aider le travail à trouver un bon rythme. Je prends mes granules et très vite les contractions s’installent en rythme de 6 minutes en 6 minutes. Steph me demande de le prévenir à chaque fois. Je lève la main pour lui signifier. Je suis dans le hamac. Je me berce. Je me dis qu’il en faudrait un dans toutes les maternités pour chaque femme. C’est juste le pied totale d’être dedans et de se bercer. Je me souviens de Catherine qui lors de sa dernière visite évoquait cet endroit pour passer le travail. Je souris. Oui, j’y suis bien. Je suis comme dans un cocon de tissu. Je peux entrer dans ma bulle et aller rejoindre mon image de bien-être.

Vers 21h 30, Stéphane décide d’aller dormir parce qu’il sent bien que c’est parti et que, avec plus de 6h de route dans les jambes, il doit se reposer un peu. Je le laisse faire et moi j’accueille les contractions dans mon hamac. Il me descend le ballon et les écharpes. Si je ressens le besoin de les installer, je n’aurais pas à monter les escaliers. Puis il se couche.

Ca y est je suis prête ! A la fois heureuse et fébrile ! Mais c’est bon j’ai compris. Tu vas arriver. C’est maintenant et je l’ai accepté. Ce n’est absolument pas le moment, mais c’est ton moment. Comme d’habitude ! Et qui pourrait lutter contre ça, contre toi ? Pas moi.

Elles continuent toutes les 6 minutes. Mais celle de 22h06 ne vient pas… Je l’attends mais rien. Je décide de me faire une tisane et d’aller me coucher. Je l’attendrais quasiment une heure, espérant cette fois qu’elle vienne. J’avais accepté l’idée, lâcher prise et non… encore un pré-travail. Je suis déçue. Je reçois des messages de ma mère et de ma belle-sœur.  Non tout c’est calmé. Elles vont me laisser dormir. Ce n’est pas pour maintenant.

            23h. Je me lève pour ranger ma tasse. Là je dois m’accrocher au plan de travail de la cuisine. Les contractions reprennent ! Et hop c’est reparti ! Toutes les 6 minutes à peu près.

J’installe le ballon. Je mets mon CD de harpe qui va m’accompagner presque jusqu’à la fin. Allume les bougies de mon blessingway. Je prévois d’en allumer quelques unes tout le long du travail. D’abord trois sur la petite table et trois sur la grande table. J’aurais le temps de tourner. L’éclairage est juste parfait. Je sors mon collier d’accouchement et le pose sur la grande table. Je vais en caresser les perles de temps en temps. Mais, autour du cou, je ne supporte rien. J’ouvre un paquet de figues séchées et prépare ma bouteille d'eau avec mon mélange homéopathique (à boire tout le temps du travail).

Jusqu’à minuit je vais marcher, m’étirer, me mettre sur le ballon,… Je vais aussi installer ma toute dernière écharpe accroché à l’escalier. J’y mets mes fesses et mes reins dedans et passe les contractions en me balançant et m’étirant,…. Quand cela devient trop intense, j’ai juste à  me mettre sur le ballon accroché au hamac et l’intensité diminue, voir même j’ai le droit à une pause dans le travail. Régulièrement je mange une figue et bois un peu d’eau. J'en ressens le besoin entre chaque contraction. Pourtant je suis en forme. Si je me forçais, je pourrais ne pas manger. Mais je ne sais pas comment l’expliquer. Je sais que ça me fait du bien pour plus tard. Mon coprs se prépare aux heures qui vont suivre et m'ordonne de me nourrir et de m'hydrater. 

J’aime ce travail seule avec moi-même. Je suis dans une bulle. Je savoure l’ambiance : la lumière, la musique,… C’est juste parfait, magique,… Un accouchement de nuit où tout autour est silencieux, comme je l’avais tant imaginé, souhaité, rêvé. J’aime ce calme autour de ma tempête intérieur.

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Dimanche 15 avril :

 

            Mais vers minuit, je ne suis plus sûr de pouvoir monter les escaliers pour aller réveiller Stéphane et j’entends Loevan qui, lui, se réveille. Je décide donc d’aller tant que j’en ai encore la possibilité. J’ouvre la porte, lui dit que je vais avoir besoin de lui et que notre fils se réveille.

Je redescends. J’ai besoin d’être en bas. Steph descend se faire un café.

                        « Je t’avais dit de te réveiller en douceur chéri 

                        - Et moi je t’avais dit pas de nuit ! » Plaisante-t-il encore endormi.

Loevan ne s’est pas rendormi comme nous l’avons cru. Stéph remonte vite. Il essaye de le calmer, mais mon fils me réclame. Je fini par monter et lui explique calmement les choses en lui caressant la main. Tu te souviens mon chéri dans ton livre quand le bébé arrive. Le ventre de la maman se serre fort et elle a besoin de calme. C’est ce qui se passe maintenant. Le bébé arrive. Le ventre de maman se serre et j’ai besoin d’aller en bas avec papa. Mais nous sommes là mon petit. Tu appelles si tu as besoin.

 Il se retourne serein et se rendort.

Nous descendons. Je continu mon voyage entre marche, ballon, écharpes, figues séchées, eau… pendant que ton papa boit son café et ramasse 2/3 trucs qui trainent (ce serait dommage de se blesser sur un jouet). Nous discutons. Il plaisante de nouveau sur la nuit. Mais moi je le savais. La nuit est mon "élément" depuis le début de cette grossesse. Des insomnies où je me sens réellement bien. Pas de monstres ou quelconques peurs d’enfants, juste le calme, la douceur, les étoiles,… un univers parfait pour moi, toi et mon corps.

Steph « vole » des photos de temps en temps comme je lui avais demandé pendant la grossesse. Lors des contractions, il a ordre de virer le flash, même si la photo doit être floue… Au final, c’est bien les floues qui me procurent le plus d’émotions quand je les regarde. Entre deux contractions, nous nous prenons en photo. Nous devions en faire une avec mon gros ventre comme pour les deux précédentes grossesses, c’est le moment où jamais. Il sera trop tard dans quelques heures. Pas le temps de bien cadrer, tant pis, mais une photo pleine d’émotions.

 

Loevan se réveille une nouvelle fois. Je propose qu’il vienne avec moi. Steph va le chercher, le couvre et l’installe sur le canapé juste à coté du hamac et du ballon, là où je me trouve. Je lui parle un peu, lui explique les choses. Alors, toujours sereinement, il se met à somnoler. Cela me ramène à sa naissance. Quand Chiara était à mes côtés faisant les mêmes sons graves que moi pour passer les contractions.

A un moment, je me suis allongée près de lui pour qu’il mette la main sur mon ventre et sente une contraction le durcir. Il me sourit tout endormi et repart dans sa somnolence.

 

0h40. Nous appelons ma mère. Elle croit à une blague vu que 2/3h avant je lui avais dit que tout s’était arrêter. Elle venait à peine de s’endormir qu’elle doit se lever et refaire 45 min de route. Je m’en veux un peu ! J’aurais du lui dire de rester.

 

Nous continuons à danser avec les contractions. Elles sont rythmées bizarrement. Toutes les minutes parfois ! Une toute petite prend la tête puis une plus forte, beaucoup plus forte, prend la suite. Comme si la « vraie » contractions partait en écho et m’emportait très loin ! Steph m’incite à appeler Catherine. Je ne suis pas sûre. Mais au bout de quelques contractions, je lui dis d’y aller. Il peut l’appeler. Moi je ne peux pas, même si j’arrive à lui dire ce qu’il doit lui dire. Je ne me sens pas en état de tenir une conversation.

Elle se prépare et arrive.

 

            Ma mère arrive. Elle est épuisée (tu m’étonnes !). Ne se sent pas de repartir avec les petits de nuit. Moi, je ne me sens pas de faire tout l’accouchement avec les enfants présents. Elle est désolée. Mais je ne lui en veux pas ! Elle ne va pas reprendre la route et avoir un accident. Simplement, il faudra surement aller chez Marie qu’on ne voulait pas déranger à la veille de son départ pour son mariage. Ok c’est le plan. Elle se repose avec les enfants là-haut et je donnerais le signal pour qu’ils partent. Elle monte avec Loevan. Mais bien sûr, dans le petit lit, elle ne dormira pas beaucoup.

Moi je gère les contractions debout les reins dans l’écharpe. Mon chéri me propose un bain. Après hésitation j’accepte. Je rentre dedans vers 2h/2h30 du matin. Steph est super. Il devance mes envies comme s’il était plus connecté à mon propre corps que moi ! Après le bain, il va chercher une bougie de mon blessingway. Il l’a pose sur le meuble près de la baignoire. C’est là que je remarque que c’est celle de ma mère. Cette belle lumière va nous accompagner jusqu’au bout. Il me propose une tisane. Je vais pour dire non et puis non j’en ai très envie !

L’eau ne couvre pas tout mon ventre (punaise en fait une piscine ça aurait été le pied !) mais comme j’ai surtout mal au bas ventre et au bassin cela soulage bien. Dans le bain, je vire mes bracelets d’ambre et de blessingway.

Steph me prépare des vêtements. Un t-shirt et une culotte pour la sortie du bain. Au bout d’un moment je veux sortir, mais Stéphane est en bas. Ma tisane ? Je ne sais plus. Je laisse encore passer une contraction dedans et préfère l’attendre. Heureusement, j’ai eu du mal à sortir.

 

A partir de là, les choses commencent à devenir très floue. Je ne me souviens pas forcément de tout et dans la bonne chronologie.

 

Je m’habille mais ne mettrait pas la culotte, je me souviens que pour Loevan j’avais eu trop de mal à la retirer. Autant rester sans dès maintenant.

Je décide de m’installer dans la chambre. Je n’ai plus envie d’aller en bas. Je demande à Steph mon cd de harpe, mes figues et ma bouteille. Ma mère fait un aller-retour aux toilettes toutes gênée de nous déranger. Nous la rassurons. Il n’y a aucun problème.

Catherine arrive. Steph descend lui ouvrir.

Pendant la contraction, je suis bien contre le mur à frotter mon dos, comme un ours frotte le sien contre un arbre.

Steph installe la bâche, avec la couverture au dessus, avec l’aide de Catherine.  Nous discutons un peu. Je lui parle de mes doutes, des rythmes bizarres des contractions : celles en « écho » toutes les minutes suivit d’une longue pause, le ballon qui calme - ou même arrête- les choses,... Je ne me souviens plus trop de ses mots, mais comme d’habitude  ils sont rassurants. Steph lui propose une tisane. Elle accepte volontiers. Il descend. Pendant ce temps, je m’installe sur le ballon et nous écoutons le cœur du bébé (rythme parfait) et elle me prend une tension (12/8 parfait !). Steph remonte nous continuons à papoter. Une contraction me prend sur le ballon. Elle est intense. Alors que depuis le début le ballon me calmait.

Catherine décide de redescendre pour nous laisser gérer seul. Nous laisser créer notre bulle…

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            A ce moment là, les choses sont encore plus floues. Je vais les notés comme elles me reviennent sans savoir si c’est dans l’ordre. J’ai géré un moment debout. Je ne sais pas quand est-ce que j’ai eu envie de me mettre au sol ( Je sais qu’à un moment j’avais essayé. Mais c’était trop tôt. Ca n’avait pas été gérable. Au bout d’un moment le corps dicte sa propre danse. Il ne faut pas essayer de devancer les choses). Quand me suis-je déshabillée ? … Aucune idée. Je me suis même rhabillée avec un autre t-shirt à un moment. Puis j’ai de nouveau tout viré.

Steph est là. Il me rassure. Moi j’en ai marre. J’ai du mal à rentrer dans ma bulle. Je n’y arrive pas. En fait le rythme ne s’accélère pas ! Mais l’intensité augmente. Je me dis à plusieurs reprises que, si les contractions sont autant espacées, c’est que nous ne sommes qu’au début. Mais je ne les supporte déjà plus. Alors comment je vais faire pour aller jusqu’au bout ?! Je dis à Stéphane que ce n’est pas si bien de savoir en fait, de l’avoir déjà vécu et de devancer les choses.

Catherine fait des allers retours, toujours au bon moment. Ses mots me rassurent. Mais les contractions me vident totalement. Je sens toute mon énergie s’évaporer de moi, comme si elle glissait vers mon ventre pour disparaitre. A la fin fébrile de chaque vague, je saute sur le paquet de figues pour essayer de retrouver des forces plus vite qu’elles ne me quittent.  Surtout j’ai mal même entre les contractions. Je ne trouve pas de répit ! Mon bassin est horriblement douloureux et je ne récupère pas ! Je sais pourtant que c’est primordial. Alors j’ai peur. Il y a trop d’espace entre les contractions. C’est bizarre ce que je vais dire, mais elles me laissent trop de répit. Elles ne m’embarquent pas. J’ai trop le temps de cogiter, de devancer, d’avoir peur, de refuser ce qui se passe. Pour Loevan j’étais devenue totalement animale et ca avait aidé ! Ici mon cerveau est trop connecté et ce n’est pas bon. Sur certaines contractions je bouge le bassin et ça fait un bien fou… Sauf que mes ligaments et mes muscles sont trop contractés. Alors, souvent, je n’y arrive pas, me crispe et ai l’impression d’être terrassée par la contraction… En outre, elles ne sont toujours pas toutes les 3 minutes ! Des fois 10 minutes, même 15 minutes les séparent ! Comment je vais faire pour tenir ?

 

            A plusieurs reprises je cris « noooon » et Catherine me répète en douceur de dire oui au contractions et de faire qu’un avec elles. J’hurle non et je l’entends me dire tout doucement « ouiiiiii ». Mon non et son oui se mélangent.

 

            4h (horaire vérifié grâce aux appels noté dans le téléphone portable).Les mains sur le ballon, je me mets à crier « j’ai mal ! ». Je n’ai pas envie que les enfants entendent ça, qu’ils associent ça au bébé. Je dis à Stéph qu’il est grand temps qu’ils partent. Il réveille tout le monde et appelle Marie. Puis il me laisse pour les emmener.

Il me racontera que Catherine s’est occupée de Chiara, l’a habillée, lui a parlé,… Ma grande est partie serrant son livre sur la naissance contre elle. Mon fils, lui, était totalement dans les bras de Morphée.

Moi, je ne capte plus rien. J’essaye de traverser les contractions tant bien que mal. D’un seul coup, cela pousse. Je panique ! Steph n’est pas là et je suis en train de pousser mon bébé ! Non ce n’est pas le bébé. Je cours aux toilettes et voilà que je me vide !

Je me lave et retourne passer les contractions dans la chambre. Apparemment quand il rentre, Catherine est avec moi. Moi je ne me souviens de rien. Juste de vagues qui m’emportent toujours plus loin et de moi désespérée au possible de me dire qu’elles n’ont toujours pas atteint le rythme de toutes les 3 min et que je ne vais pas continuer longtemps comme ça !

 

            Au bout d’un moment, je veux me mettre dans les bras de mon homme. Catherine lui propose de se mettre sur le ballon. Je m’agenouille et m’accroche à lui. Il est en t-shirt. Je voudrais sentir sa peau contre la mienne et non un tissu. Mais la contraction est là, trop tard. Je lui demanderais de l’enlever après celle-ci, avant la prochaine. Je plonge ma tête dans son coup et m’agrippe à son tshirt que je tords, broie et tire dans mes mains… Non en fait son tshirt m’aide ! J’ai besoin de m’agripper. C’est bien comme ça ! Steph est bien dedans, bien dans cette naissance. Je le sens… Je retrouve le roc que j’avais pendant la poussée de Loevan. Je retrouve l’homme doux qui m’aide en cette fin de grossesse. Il est mon cap et m’accrocher à lui me permet de ne pas perdre pied totalement. Catherine est en train de redescendre quand je me mets à pleurer. J’éclate en sanglot. Elle remonte. Me demande ce que j’ai. La peur ? La fatigue ? Je lui lance un « c’est pas forcément mauvais » et elle comprend immédiatement que je suis juste en train de lâcher prise un peu plus. Je pleure pour beaucoup de chose. Me sentir enfin bien, là, dans les bras de mon homme est un immense soulagement. Je pleure parce que je sais que d’ici quelques heures j’aurais mon bébé. Je pleure à cause de la tempête que nous avons traversée et de celle que nous traversons encore. J’aurais tant aimé que cette grossesse et cette naissance se fasse loin de tout ça. Je pleure parce que j’ai mal et je suis fatiguée.

Je pleure ! Je sens que, là dans les bras protecteur de mon homme, j’ai le droit. C’est le bon endroit. Alors je pleure. Et lui, mon amour, m’accueille tout simplement.

Catherine redescend.

Je ne sais pas combien de temps va s’écouler à gérer comme ça plus ou moins bien. Je n’arrive toujours pas à récupérer. Et puis je me mets à pousser à un moment. Je me précipite aux toilettes et vais y rester quelques contractions à (encore !) me vider littéralement. Je râle ! J’en ai marre ! Il ne manquait plus que ça ! En plus, je ne suis pas bien sur les toilettes ! Mais hors de question de me faire dessus, surtout devant mon homme ! Non ça je ne veux pas ! Je l’ai d’ailleurs viré des toilettes alors qu’il voulait rester avec moi… et il me manque ! Mais là s’en est trop ! Je veux rester seule. Je tape contre le mur, râle, maltraite un paquet de papier,…

A la fin, je vais me laver tant bien que mal entre les contractions. Et puis je presse Steph pour qu’on se remette comme avant. Il a tout préparé pour que je me sente le mieux possible au cas où ça me reprennent. Il a mis des alèses,… sauf que j’espère bien que ça ne me reprendra pas !

 

Catherine me masse les reins doucement. Ca me calme et me soulage un peu. Je m’en souviens encore comme d’une lumière me sortant du noir. Des mains chaudes, douces et magiques calmant un peu ma détresse.

 

Je suis assise les jambes écartées, le dos ronds,… et je passe les contractions.

 

Je suis de nouveau dans les bras de mon homme et je m’accroche à lui physiquement et moralement.

 

Nous écoutons le cœur du bébé tout est parfait.

 

Catherine me propose de marcher pour accélérer un peu. Je pense qu’elle me sent à bout. Je lui dis non. Bouger pour aller aux toilettes m’a déjà épuisée 100 fois plus qu’à genou. Alors elle me propose de m’allonger sur le coté et de remonter ma jambe droite (celle en l’air) à chaque contraction pour soulager mon bassin qui porte tout depuis des heures (des mois !), pour soulager mon corps qui ne trouve pas de répit. Je ne suis pas super emballée par l’idée. M’allonger ne m’a jamais été agréable pendant le travail. Mais à bout, j’accepte cette idée comme une aide qui pourrait être précieuse.

Ils m’aident à m’allonger. Me mettent des cousins un peu partout pour que je sois bien. Je vois Catherine prendre un de nos beaux oreillers avec taie d’oreiller toute propre. Pendant une fraction de seconde, je suis tentée de dire « non pas celui-là ». Mais ce n’est pas le moment et entre mes jambes tout près de mes pieds c’est juste agréable. Je me tais et savoure. Puis une contraction ! Je suis submergée par la violence qui s’installe dans mes reins. Pour me soulager, Catherine remonte ma jambe. Je sens un petit craque dans mon ventre et du liquide s’écoule. Personne n’a rien remarqué. C’est à la prochaine contraction que Catherine demandera et que je lui confirmerais que, oui, ça a rompu juste avant.

L’envie de pousser se fait plus forte. Je pousse mais ça ne soulage pas ! Je commence à vouloir m’accrocher quelque part pour tirer sur quelque chose en même temps que je pousse. Mais je n’ai aucune prise. Alors je commence à chercher partout autour de moi. Je hurle « nooon ! » en tapant la jambe de Steph. Je balance une bassine qui était au dessus de moi. J’ai voulu tirer dessus et j’ai vu qu’elle me serait d’aucune utilité. Je me mets à chercher partout et je ne trouve rien. Je fini par taper contre le mur et à crier.

Malgré tout je ne change pas de position. Entre les contractions je suis bien. Je me dis que bébé devrait bientôt être là vu que ça pousse. A la deuxième contraction, je me dis que bientôt Catherine ou Steph vont me dire que la tête arrive… mais non personne ne dit rien. J’attends encore une autre contraction. Mais dans cette position j’ai vraiment le sentiment de mourir et personne n’évoque la tête cette fois non plus… Alors, la contraction passée, je dis à Steph de se dépêcher et de me mettre accroupi ! Je ne veux pas rester allonger. Me voilà accroupie dans ses bras et je pousse. C’est mieux mais j’ai encore terriblement mal. Et la poussée se fait par contractions et pas en une fois comme pour Loevan. Je vais devoir faire des pauses, mais je ne veux pas faire de pause. Je veux juste qu’il sorte ! Je me mets à genou parce que, vu la lenteur de la poussée, je ne vais pas pouvoir rester accroupi longtemps. A chaque contraction, je pousse ! Certaines espacées d’autres très rapprochées. Là, nous avons peut-être atteints les 3 minutes d’intervalles. Même Catherine n’en sera pas sûre. Elle était là avec nous, dans le moment à essayer de m’aider. Elle me dira peut-être toutes les 4 minutes, mais pas sûr. Je hurle que ça fait trop mal que je n’y arrive pas. Catherine me dit de faire qu’un avec mon bébé. De penser à lui,… Mais je lui dis que je pousse mais que ça ne fait rien. Catherine m’explique que le bébé n’est peut-être pas engagé dans le bassin et qu’il n’appuie donc pas sur le col. Toujours selon Catherine, je pousse pour l’engager. C’est différent mais utile. J’en ai marre. Je pousse en hurlant « mais sort bébé ! Viens ! ». Catherine m’encourage. C’est bien de l’appeler de lui parler. Il faut que j’aille le chercher ce bébé. Il a besoin d’aide. Alors je continu à pousser et à hurler « sort bébé ! Je veux qu’il sorte ! Mais viens ! »Et au bout d’un moment je sens la tête s’engager. Ca brule ! Elle sort tout doucement. Si doucement, en comparaison de celle son frère qui est sorti comme un boulet de canon, que je crois que c’est fini au bout de la première contraction, que la tête au moins est passée, mais non. Alors il faut que je pousse encore. Mais j’ai l’impression qu’elle ne glisse pas et que je pousse, je pousse et je pousse toujours pour rien. Je me souviens alors de comment j’avais poussé pour Loevan. Je reprends cette énergie et je hurle à plein poumon pour dégager les dernières forces qu’il me reste. Je hurle et je pousse. Catherine touche pour vérifier l’avancer. Je lui somme de ne pas toucher ! Ca fait mal. C’est inutile ! C’est bon, plus besoin d’aide. Ca vient tout seul. Elle me dit qu’elle n’essayait pas d’aider mais de voir si ça avançait bien et qu’elle ne retouchera pas. Elle avait posé seulement sa main tout en douceur. Mais ça brule tellement à cet endroit que je ne supporte pas. Et puis je pousse. La tête passe enfin et tout suit. Je suis dans un état second. Je l’entrevois derrière moi. Puis je ne le vois plus. Je panique. Catherine et Steph me rassurent. C’est Catherine qui l’a pris. Elle va me le redonner. Catherine ne nous dit rien sur le moment pour ne pas nous faire peur ; mais le cordon était au tour de son cou deux fois et autour de son bras une fois. Cependant aucuns soucis elle pleurait déjà depuis un moment et le cordon était enroulé mais pas serré. Cela explique peut-être le rythme bizarre, lent mais intense, de ce travail et le fait que ce bébé n’était pas bien engagé dans le bassin. Elle me propose de le prendre. Mais je ne peux pas ! J’ai mal partout et d’horribles crampes. Je suis comme pétrifiée. C’est horrible. Alors elle me le passe sous les jambes. Pour que je puisse le voir et l’attraper. Et là je vois directement entre ses jambes et je m’exclame « c’est une fille ! ». Je me mets à trembler. C’est une fille ! Steph m’embrasse.

 

            Après je perds encore un peu pied tellement mon corps entier est une douleur. Steph et Catherine m’allongent donc pour pouvoir me donner Melyn’Rose… et oui bébé arc-en-ciel va s’appeler Melyn’Rose. Je la prends contre moi. Steph me dit de la remonter tout près de moi. Mais je me souviens que pour Loevan je n’avais pas pu à cause du cordon court. C’est à ce moment que Catherine nous dit que le cordon est suffisamment grand pour que je la remonte jusqu’à ma poitrine et nous explique comment il était autour de notre fille. Elle nous rassure, tout va bien. Il ne la serrait pas. Elle a une belle couleur toute rose et nous a fait entendre qu’elle allait bien.

Moi, je ne profite pas ! J’ai mal ! Ca me brule. Je tremble de partout. C’est horrible. J’ai envie que ça cesse ! Et j’ai mal au ventre. J’en ai marre ! Pourquoi ne suis-je pas soulagée ? J’ai peur d’avoir trop déchiré, ce qui expliquerait la douleur. Catherine pense que c’est le placenta qui veut sortir. Elle touche le cordon. Il ne bat plus. Elle le clampe. Steph le coupe. Il prend sa fille dans ses bras pour que Catherine s’occupe de moi. Oui, le placenta est décroché. Ce sont bien des contractions et une envie de pousser que je ressens. Je pousse. Mais, encore trop crispée, je contracte mon périnée et laisse des membranes à l’intérieur. Le placenta est là, mais il reste des membranes coincées dedans. Elle me dit qu’il va falloir les sortir et que ça ne va pas être agréable. Mais elles sont juste là, pas bien loin. Elle n’aura qu’à appuyer sur mon ventre et les attraper. Je me souviens qu’elle appuie sur mon ventre. Ca fait mal. Mais elle est d’une douceur. Egalement avec douceur, j’attrape son bras (celui qui appuie sur mon ventre). J’ai besoin d’être en contact avec elle, de me souvenir qui me touche, de ne pas oublier qui elle est,… pour ne pas avoir peur. Comme si les traumatismes ancrés en moi lors de mon premier accouchement pouvaient revenir me submerger ! Je ne suis pas 6 ans dans le passé avec une sage-femme monstrueuse. Ma sage-femme est une personne empathique. Je suis dans ma chambre avec elle. Je n’ai rien à craindre. Elle ne repousse pas ma main et continu à aller chercher les membranes qui restent.

Elle a tout récupéré. Mais ça me brule toujours le périnée. Alors elle me propose une toilette,… Elle me nettoie et regarde. Ca a déchiré un petit peu mais rien de méchant. Comme je l’avais demandé, elle ne fait pas de point. Je mettrais des bouts de placenta dessus et ce sera radical !

A ma demande, elle laisse un linge un peu humide sur mon périnée. Puis on m’installe (tant bien que mal) sur le lit pour que je sois mieux. Ils me donnent Melyn’Rose… A ce moment, même si les douleurs sont bien présentes et toujours  très intenses, tout s’efface comme dans un moment de félicité. Je suis sur un nuage. Soudainement mon corps arrive à se détendre. Plus rien n’a plus d’importance. Elle et moi. Ma fille dans mes bras. Tout est parfait. Elle tète et je revis.

 

Catherine nous annonce qu'elle mettait au monde son ainé le même jour quelques années plus tôt.

 

Je sais maintenant que les spasfons ont surement strictement rien fait puisque les changements de rythme n’ont pas cessé tout le long du travail.

 

Elle restera 2h avec nous. Prendra ma tension, 12/8, « comme après une bonne nuit de sommeil » ! Pèsera bébé pour les papiers, regardera encore ma déchirure, aidera à nettoyer la maison,… Puis nous laissera nous découvrir tous les trois. Elle nous dira qu’elle a assisté à quelque chose de magnifique entre nous trois, que nous étions connectés et que c’était très beau, intense,… Elle y repensera deux jours après environ lors d’une autre naissance de nuit.

Elle reparlera du rythme en disant que les contractions étaient vraiment très longues, fortes et intenses. J’ai pu lui dire que je m’en suis voulu pendant le travail de ne pas être dedans comme pour Loevan et d’avoir si peur. Elle m’a dit que ça venait surement de ce rythme bizarre très intense ! Parfois il n’y avait pas de contraction pendant 15 min ! Et pour autant mon corps ne me laissait pas de répit. Moi j’ai cru ne pas être dedans mais au final au moment d’écrire ce récit il y a plein de souvenirs qui sont floues ! Preuve que j’étais bel et bien dans un état second !

 

            Nous nous sommes découvert en douceur. Melyn’Rose ne veut pas trop être tripoté les première 24h. Elle préfère qu’on ne la bouge pas trop. Elle dort même seule à plusieurs moments sans nous ! Je me lève assez rapidement mais Steph a peur vu que je me suis évanouie après la naissance de Loevan. Mais non, comme je n’ai pas attendu aussi longtemps pour me relever, ca tangue seulement un peu.

Les enfants sont rentrés le soir avec papi, mamie et tata. Ils ont découvert leur sœur tout émus. Loevan très brusque mais aux anges. Il est allé chercher dans toutes les pièces où était le deuxième bébé… oui la petite sœur de Chiara ! Un chacun !!! On lui a expliqué. Il a comprit sans sembler être trop déçu.

Chiara, tout en douceur et en pudeur, se fait apprivoiser par sa petite sœur et vice et versa au fil des jours. C’est une deuxième petite maman toute maternante. Le mardi nous passons une matinée entre filles qui sera merveilleuses.

Papi, mamie et tata aussi sont heureux. Il reste à manger le soir. La première soirée est dure. Je n’ai pas réussi à m’endormir dans la journée à cause des fortes tranchée et de 20h à minuit Melyn’Rose pleure et tète. Moi je tombe de sommeil.  Mais après elle nous laissera dormir 6h d’affilée !

Le lendemain école. Je me lève. Je suis assez en forme. Loevan reste avec nous l’après-midi il est trop malade. J’ai du mal à l’endormir pendant que Steph et Melyn’Rose font une sieste ensemble.

Tata et tonton passe te voir. Catherine passe tout va bien pour nous. Nous reparlons de l’accouchement,…

Le soir je fais à manger. Je me sens en pleine forme.

Le mardi par contre je me sens bien vidée. Mais je l’accepte ! Fallait bien un peu être fatiguée quand même. Je dors beaucoup et laisse Steph gérer. C’est Chiara cette fois qui est à la maison. Elle est son papa font pas mal de crise d’asthme L Le temps ne leur laisse pas de répit L Le soir je fais que de pleurer, je réalise seulement maintenant tout ce qui vient de se passer.

Le mercredi je me lève à 7h et ne me couchera qu’à 22h. Je n’en reviens pas de tenir le coup comme ça. 

Steph pense à allumer une bougie de mon blessingway chaque jour depuis la naissance. Cette attention me touche à chaque fois. Il est parfait encore une fois.

Je n’avais pas soupçonné comment cette belle journée du 8 avril allait me porter une semaine plus tard pour mon accouchement. La première partie du travail a été bercée par l’amour et la bienveillance des femmes qui m’ont accompagnée lors de cette journée.


Je partage le récit de cette naissance un mois après. Il reste pour moi très bizarre. Je ne sais pas comment expliquer. Cet accouchement m’a vraiment déstabilisé. Ila repoussé encore plus loin mes limites.

Melyn’Rose est merveilleuse. Elle est comme dans mon ventre. Calme mais tonique. Totalement là mais dans la sérénité. Pas besoin de nous le faire comprendre. Elle est présente tout simplement. J’ai l’impression qu’elle a déjà beaucoup de force en elle. Quelque chose rayonne en elle. Elle nous ancre au bonheur. Elle est arrivée dans notre famille comme si elle en avait toujours fait partie. C’est une véritable merveille et je suis heureuse qu’elle nous ai choisit pour être sa famille.

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Par julie - Publié dans : grossesse, naissance, éducation,...
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 19:54

 

 

 

J’ai toujours pensé que les femmes feraient et font bouger les choses en matière d’accouchement (et donc d’AAD), accompagnées pour beaucoup de leur compagnon. En outre, je pense même que c’est toute l’opinion publique qui peut faire avancer la cause. Les mentalités changent autour de nous et forcément cela va accélérer les changements.


Il y a 3 ans et demi environ, j’accouchais de mon deuxième enfant. Premier AAD. A l’époque, c’était quasiment honteux. Dès que je l’évoquais en dehors de mon cercle familial et d'amis de longue date, les gens me regardaient avec de grands yeux et en perdaient leurs voix. Je partageais rarement mon expérience, jugée « incroyable », « inconcevable », « irréelle » ; « irresponsable » ou encore «  dangereux», « fou »…

Bon, il faut dire aussi que depuis j’ai fait de nouvelles rencontres avec, surement, des personnes plus ouvertes.

 

Mais les changements constatés vont aussi au-delà de mes simples rencontres.

Ce troisième accouchement, ce deuxième AAD, j’ai déjà pu en parler à la sortie de l’école et à quelques voisines sans qu’on me regarde de travers. Nous n’avons pas été mal reçus pour la déclaration de naissance,…

Cependant ce qui a déclenché l’écriture de cet article est une soirée que nous avons passé dernièrement avec des amis rencontrés au fur et à mesure de nos quatre ans passé ici. Plusieurs enfants et plusieurs bébés, forcément on en vient à parler accouchement, surtout en présence d’un bébé de trois semaine (le mien hein ^^ ). J’ai pu partager avec les autres femmes normalement, d’égales à égales. Mon choix était valable, ni plus ni moins que les autres. Je n’étais ni regarder comme une folle, ni regarder comme une wonderwoman ! Et ça fait du bien !


Ca m’a replongé encore une fois trois ans en arrière quand les professionnel de santé accueillaient ce projet avec des « mais vous êtes folle ! » ou avec des « mais c’est extraordinaire ! Vous êtes surhumaine ! »… Non je suis saine d’esprit ET humaine. Une fois entourée d’autres professionnels (que j’avais choisis), cette option était devenue normale, juste une parmi tant d’autres et ça m’avait fait un bien fou.

Je viens de vivre la même chose socialement.

Bon à cette soirée, j’étais aussi entourée de gens qui t’acceptent comme tu es, qui ne viennent pas fourrer leur nez dans tes affaires et ta manière de vivre. Des gens acceptant que leurs façons de faire ne soient pas universelles. Mais au-delà de cette soirée et de ces rencontres plus que plaisantes pour moi et mon compagnon, pas mal de détails me font dire que les mentalités changent. Cela ne peut être qu’une bonne chose pour les AAD et donc pour la grossesse en général.

L’AAD est en train de devenir une option dans la tête des gens. Même si ce n’est pas LEUR option à eux. Ils savent qu’elle peut l’être pour d’autres en toute légitimité. Et qui sait de plus en plus de monde se diront "mais pourquoi pas ?" et se metteront à réfléchir à toutes les options qui s'offrent à eux.


et pour en remettre deux trois couches je mets en liens deux articles que j'ai écrit sur l'épisiotomie et l'AAD justement. 

Par julie - Publié dans : grossesse, naissance, éducation,...
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 20:00

 

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Voilà ce que j’écrivais le soir même mais je n’étais pas prête à partager. Cette journée a donné une autre dimension à ma grossesse et à mon accouchement. J’ai donc envie de partager et je me sens enfin prête,

 


            Il est 21h et le soleil vient de se coucher sur ma journée de blessingway. J’ai envie de noter le plus rapidement possible ces quelques mots. Mais que dire ? On me demanderait de relater le fil de la journée, je ne pourrais pas le faire. Je me souviens d’un flot d’images qui me reviennent. J’ai semblé flotter dans cette journée. Elle a glissé comme si elle me filait trop vite entre les doigts. Mais un magnifique « filage ». J’avais imaginé beaucoup de choses. Je les ai un peu ratés : bafouiller pour mon texte qui du coup ne voulait plus rien dire, avoir égaré le fil de mon collier (que je ferais donc à la fin quand presque toutes mes invitées sont parties),…en même temps sans ces ratés, plus drôles qu’autre chose, ça ne serait pas moi, la Julie gaffeuse que tout le monde connait.

Ce dont je ne pouvais pas imaginer était les émotions qui allaient me traverser. Je ne pouvais pas imaginer l’investissement de chacune de mes invitées et leur simple bienveillance à être là.

Il est vrai qu’avec une organisatrice j’aurais été un peu plus à l’aise. Je me serais posé moins de question,… Au final se laisser porter par la journée toute en l’organisant fut assez difficile. Mais chacune a mis sa petite contribution pour m’aider et faire de cette journée un enchantement.


Finalement le fil de la journée me revient de lui-même sans effort…

 

            En fait le blessingway a commencé bien avant. Je l’ai réfléchi, organisé, préparé,… J’ai tressé des fils au couleur de l’arc-en-ciel pour faire un bracelet pour mes invitées. J’ai réfléchis à ce que j’allais leur dire le jour j,… Tous ces préparatifs ont porté ma grossesse. Je préparais en écoutant mon cd de harpe, le même qui accompagnera mon accouchement.


            Le samedi, journée de préparation, fut assez chaotique. Mon homme malade ne peut pas m’aider autant que je l’espérais. Mon planning d’organisation tombe à l’eau et je fais au plus urgent. Par exemple, je ne peux pas faire les petits emballages pour les bougies que j’ai prévu d’offrir à mes invitées. Je ne fais pas tous les gâteaux que je souhaitais (mais au final il y en avait trop donc ce n’est pas une mauvaise chose ! ). Je ne peux pas faire de compote maison,…

Cependant je me conditionne à ne pas paniquer (bien aider par quelques amies qui se reconnaitront). Je ne veux pas paniquer pendant que je prépare cette journée. Non, je ne veux pas avoir ce souvenir et ce ressenti là pour CES préparatifs-ci. Ils sont très importants pour moi. Je ne veux pas de mauvaises ondes. Cette journée reste donc tout de même assez zen (merci la sophrologie je pense ! ) mais pas comme je l’aurais espéré. Je pensais faire la cuisine avec mes enfants. Là, forcer d’accélérer les choses, je les ai planté devant un dessin animé et je me suis hâtée. Dans un sens, je me dis que ça devait se passer comme ça. Je devais être celle qui préparerait le repas pour ma journée. J’ai fait les gâteaux au rythme de mes contractions, qui sont bien présentes en cette fin de grossesses, faisant des pauses, soufflant, remuant mon bassin, repensant à mon image trouvée en sophrologie…

 

            Le dimanche matin, le temps est magnifique. Le soleil se lève sur les arbres des voisins. Je prépare le petit déjeuner. Je dois aussi préparer le repas du midi pour être tranquille. Mais nous passons un long moment mes enfants et moi à écouter de la musique sur l’ordinateur pendant que Steph traine un peu au lit bien qu’il soit réveillé. Nous n’avons pas envie de nous presser, ni les uns ni les autres, et profitons juste de cette belle matinée. Les enfants écoutent avec moi, dansent, me posent des questions sur les vidéos que nous voyons,... Je me mets à pleurer tant ce moment simple est magnifique. Ca promet !

Puis arrive bientôt 9h, il faudrait peut-être se dépêcher. Steph prend le relai avec les enfants et moi je me mets à cuisiner. Puis je prends le relai avec les enfants, il se met à ranger ce qu’il reste.

 

Une amie arrive. Le repas est presque prêt. Nous plions le linge qu’il restait dans le salon. Mon chéri le monte. Nous mangeons. Les enfants font un joyeux bazar. Ca hurle et court dans tous les sens. Puis voilà l’heure de partir pour eux et mon chéri. Steph nous avait aidés à installer les chaises. Nous mettons les gâteaux et les théières en place. Je vais m’habiller… (Oui, moi je reçois mes invitées en pyjama ! J’ai la classe internationale ! )


           Les arrivées se sont étalée de 14h15 à 15h30 environ.


Nous avons commencé par mon texte. Mais je l’ai trop bafouillé à mon gout, même moi je ne me comprenais pas. L’émotion !

Puis nous avons réuni les bougies. J’ai choisi d’en allumer une seule pour plusieurs raisons. La première : beaucoup étaient parfumées et j’avais peur que le mélange d’odeur n’aille pas. La deuxième : certaines étaient trop petites pour faire le blessingway et l’accouchement. La troisième : avec les bébés c’étaient plus facile de gérer UNE bougie !

J’ai pris la décision, là il y a quelques minutes après les avoir longuement regarder, humer et toucher, que j’en allumerais 1 ou 2 chaque jours jusqu’à mon accouchement pour faire continuer mon blessingway un peu plus. J’ai déjà choisi celle que j’allumerai à l’accouchement. Celle-là accompagnera les derniers instants de ma grossesse ou (si je ne ressens pas le besoin d’allumer une bougie) les premiers instants de vies de mon bébé.

Elles me plaisent toutes. Quand je les regarde toutes, elles ont toutes leurs énergies, leurs petits messages et je trouve cela magnifique… magique ! Elles feront de bonnes compagnes jusqu’à la fin de ma grossesse. Mais une me parlent particulièrement.

 

Au final, le jour le l’accouchement j’aurais envie de les allumer toutes à tour de rôle. Mais étant prise par le temps, elles ne seront pas toutes allumées. C’est lors des jours suivants que nous les allumerons. De belles lumières qui nous auront portées lors de l’accouchement et lors des premiers jours avec notre bébé.

 

Nous sommes passés au texte. Ce fut un moment très fort, très intense, intime. Les mots de mes proches résonnent encore dans mon coeur. J’ai eu beaucoup de mal à retenir mes larmes. Je me suis forcée à ne pas pleurer. Cependant mes yeux étaient bien mouillés ! Mais je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas pleurer comme une madeleine ! J’avais peur que, si je commençais, plus rien ne m’arrêterait. Et là, plusieurs heures après, je reste encore suspendu entre les larmes et le sourire. C’est vraiment bizarre comme sensation.

Puis nous avons un peu papoté accouchement, grossesse,... avant de passer au collier. Les perles… je les ai mis sur un fil de couture en attendant de retrouver mon fil. Celles qui avaient préparé une ou plusieurs perles me les ont donnés. Je ne me souviens plus qui a donné quoi, qui m’a dit des mots en même temps. Je flottais à la fois émus, timide,…

 

            Après les perles, j'ai parlé à mes invitées de ce que j’avais prévu pour elles. Une bougie (une fleur en cire d’abeille) pour chacune et un bracelet.

A la base, je voulais qu’elles allument leurs bougies quand elles apprendraient la naissance ou que le travail a débuté. Mais je les ai aussi invités à garder cette bougie pour un moment particulier qui leur appartiendrait. Ce serait leur choix.

Ensuite je leur ai noué le bracelet (une tresse au couleur de l’arc-en-ciel en hommage à mon bébé arc-en-ciel) pour nous unir toutes à cette journée. Je ne savais pas faire le rituel du lien. J’ai donc inventé le mien. J’ai pensé à chacune de mes invitées en les tressant petit à petit. J’ai donc fait le tour pour leur offrir. Pour finir ma mère a noué le mien à mon poignet. Il en restait un que ma Chiara a mis quand elle est rentrée.

 blessingway blog

Les heures avaient défilées, mes loulous et mon amour sont revenu (il est déjà 17h environ ! ). Je pense que si nous avions voulu les faire revenir à ce moment, nous n’aurions pas réussi ! Mais c’était le moment parfait ! Ils ont pu finir le blessingway avec nous et participer au goûter. Nous sommes donc passés au goûter et à la décoration de mon ventre.  Presque tout le monde m’a fait un joli dessin. Ma fille et mon fils aussi. Bébé arc-en-ciel s’est mis un peu à gigoter sous les coups des pinceaux et des crayons, mais n’a pas trop perturbé la séance. Pendant ce temps là, j’ai pris le texte que je n’avais pas lu à haute voix pour le lire que pour moi. Puis petit à petit, après avoir fini le gouter et les photos (… j’ai même pas pensé à faire une photo de groupe ! …) chacune a commencé à partir. Et oui, il était déjà 18h30.

 

blessingway blog 2


            J’ai retrouvé mon fil et j’ai pu commencer mon collier d’accouchement. Il est juste magnifique.


Mon chéri a fini par ranger avec deux amies encore là. Quand j’ai eu fini mon collier le rangement était presque fini !

 

J’ai soufflé ma bougie et l’est mis avec les autres.

 

Je suis allée démaquiller mon ventre avec ma fille. Doux moment entre nous. Elle mettait du liniment sur un coton et le passait sur mon ventre. Elle s’est occupée de la partie sous le nombril que je ne pouvais pas atteindre !

 

Je me suis installée dans un fauteuil j’ai relu les textes.

Puis je me suis mis sur le canapé avec mes enfants, un câlin, un dessin animé. Loevan en 3 secondes faisait dodo. Pendant que mon doux amour faisait le repas du soir.
J’ai regardé les photos et j’ai écouté la magnifique chanson de Linda Lemay qu'une amie avait partager. J’ai écrit ce récit pour essayer de ne rien oublier. Peu après j’ai découvert un texte sur ma messagerie qui a humidifié mes yeux une nouvelles fois. Cette journée et la force qui l’habite continuent encore.

 

Puis j’ai continué à recevoir quelques petites choses prévues pour mon blessingway. En retard pour le jour j, mais parfaitement à l’heure pour raviver le magnifique feu de cette journée.

Le mardi suivant, me retrouvant seule à la maison, l’état dans lequel je me retrouvais, suspendue entre sourire et larmes, laissait place au lâcher prise et aux larmes. Les émotions retenues ce dimanche 8 avril se sont soudainement déchainées.

 

Le dimanche suivant je mettais au monde ma petite Melyn’Rose. Mon blessingway m’a énormément porté lors de la partie de mon accouchement qui s’est passé au rez-de-chaussée de notre maison. Il a permis de créer une ambiance où je me sentais bien et de me sentir entourée des femmes présentes lors de cet événement. Pendant la deuxième partie, mon compagnon a choisi de monter (nous sommes passés à l’étage) une seule bougie… Le hasard lui a fait choisir celle de ma maman. Une belle symbolique et une belle lumière qui m’a accompagné lors de ce beau voyage qu’est la naissance.

 

blessingway blog 3

Par julie - Publié dans : grossesse, naissance, éducation,...
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