
Ta naissance,
Dire que tu as choisis ton moment est on
ne peut plus juste. Rien n’était optimal. Ce n’était pas le jour, mais tu as choisi de venir et nous t’avons accueillie. Comme quand tu as décidé de venir t’installer dans mon ventre. Après
presque deux ans d’attente, ce n’était plus vraiment le moment (sauf dans nos cœurs bien sûr) et c’est là que tu t’es décidé. Pareil nous t’avons accueillie. Notre petit arc-en-ciel en pleine
tempête… Notre merveille… et nous étions bien loin d’imaginer à quel point.
Samedi 14 avril :
Ton papa n’est pas là. Il a du se rendre
auprès de quelqu’un qui lui est cher. Ce n’était pas prévu. J’angoisse donc beaucoup. A chaque fois que ton papa s’absente, j’ai peur que tu te décides à arriver. Mais ta mamie, ma maman, est là
pour m’aider et elle m’a promis qu’elle m’accompagnerait si les choses se déclenchaient pendant l’absence de ton père. Je sais que ça ne sera pas pareil. Mais au moins je ne serais pas seule. Je
me permets donc de lâcher un peu plus prise. Restant persuadée que tout se passera bien, au moment opportun.
Ton frère est malade. Une otite. Le matin, nous partons en urgence chez le médecin avec mamie. Elle vient à peine d’arriver chez nous, juste à temps
pour que je n’ai pas à trainer un siège-auto dans la rue avec deux bambins qui me suivent derrière.
Des contractions me prennent dans la salle d’attente. Mais elles accompagnent tant ma fin de grossesse que je ne m’alarme pas. Notre généraliste
nous dit que l’otite gauche est l’otite de la « jalousie », que peut-être Loevan sent les choses se rapprocher. Notre généraliste ne savait pas, tout comme moi, que c’était si
proche.
Nous rentrons. Mamie nous fait le repas et moi je me repose. Je me sens vidée. Ton oncle, ta tante et ta cousine doivent passer dans
l’après-midi.
Après le repas nous partons jouer dans les chambres. Je me douche et m’installe sur le lit de ta sœur. Il est 13h et des contractions viennent
rythmer encore une fois mon corps. Alors je me repose en regardant ta sœur, ton frère et ta grand-mère jouer ensembles.
Un peu avant 15h, je ne tiens plus. Les contractions sont toutes les 10/15 min mais de plus en plus intenses. J’envoie un texto à ton papa. Je ne
sais pas où sont les spasfons (là je me rends compte que déjà mon esprit était dans une autre dynamique). Il me demande s’il doit revenir. Je le rassure, même si moi j’angoisse encore un peu
plus. Je le préviendrais si les spasfons ne font aucun effet.
Ils enlèvent la douleur mais les vagues restent présentent. Mon frère et sa famille arrivent. Nous papotons, prenons une tisane,… J’arrive à cacher
mes contractions aux autres un moment. Je me revois dire à ma belle-sœur « je ne le sens pas pressée ce bébé ». Certes il ne l’était pas vu le rythme de sa naissance, mais son temps
dans mon ventre était presque à sa fin et je ne m’en doutais pas. Surtout je ne voulais pas y croire ! Ce n’était pas le bon jour. Je ne voulais pas que ce soit aujourd’hui. Et puis c’était
trop tôt ! Je n’étais pas prête.
Vers 18h, les contractions redeviennent intenses. Avant le départ de la famille de mon frère, je dois reprendre des spasfons.
19h. Je préviens Stéphane que les contractions sont toutes les 3 ou 4 minutes. Il est sur la route et content. Moi moins, j’aurais aimé qu’on se
repose un peu avant.
Vers 19h 20, les médicaments font effets. Les contractions restent intenses mais s’espacent. Je vais me coucher. Stéphane est enfin revenu. Je dis à
ma mère de rentrer. Je lui assure que ce n’est pas pour maintenant. Si j’avais su ! Mais je ne veux pas.
Loevan c’est endormi sur le canapé vers 19h. Stéphane le monte dans son lit.
Vers 20h 30, je me réveille. Les
contractions sont toutes les 10 minutes et impossible de me reposer. Elles me réveillent. Je crois même qu’allonger c’est plus dur à supporter. J’entends ma grande fille qui fait une crise
d’asthme. Steph s’occupe d’elle. Punaise ! Ce n’est vraiment pas le moment mon petit bébé-arc-en-ciel. Si tu pouvais attendre encore un peu cela serait parfait. Je suis tentée de reprendre
des spasfons histoire d’arrêter les choses. Mais deux prises dans la journée qui ont rien arrêté, juste ralenti… ( et encore je sais maintenant que c’était surement le rythme de mon corps), ça
fait déjà beaucoup. Je me dis que ça ne serait pas t’écouter et ne pas écouter mon corps, que de faire ça. Ton papa est rentré. Il est près de moi. Au pire, nous serons fatiguée, mais heureux. Je
m’installe devant la télé avec mon amour, ton papa.
Un peu avant 21h, j’envoi un texto à
Catherine. J’ai peur que ça se déclenche dans la nuit et je préfère qu’elle soit au courant que les choses peuvent commencer. Elle m’appelle. J’aurais du me douter qu’elle voudrait me parler.
Mais, moi, je ne suis sûre de rien, alors je n’avais pas trop envie de papoter. Mais que suis-je bête ! Sa voix me fait un bien fou. Nous parlons. Je lui évoque que je pense à des
contractions de stress, mais que j’ai un sérieux doute. J’avais donc besoin de la tenir au courant. Elle me dit de prendre les granules homéopathiques qu’elle m’avait prescrits. Si ce sont des
contractions liées au stress, cela va permettre de les arrêter. Sinon elles vont aider le travail à trouver un bon rythme. Je prends mes granules et très vite les contractions s’installent en
rythme de 6 minutes en 6 minutes. Steph me demande de le prévenir à chaque fois. Je lève la main pour lui signifier. Je suis dans le hamac. Je me berce. Je me dis qu’il en faudrait un dans toutes
les maternités pour chaque femme. C’est juste le pied totale d’être dedans et de se bercer. Je me souviens de Catherine qui lors de sa dernière visite évoquait cet endroit pour passer le travail.
Je souris. Oui, j’y suis bien. Je suis comme dans un cocon de tissu. Je peux entrer dans ma bulle et aller rejoindre mon image de bien-être.
Vers 21h 30, Stéphane décide d’aller dormir parce qu’il sent bien que c’est parti et que, avec plus de 6h de route dans les jambes, il doit se
reposer un peu. Je le laisse faire et moi j’accueille les contractions dans mon hamac. Il me descend le ballon et les écharpes. Si je ressens le besoin de les installer, je n’aurais pas à monter
les escaliers. Puis il se couche.
Ca y est je suis prête ! A la fois heureuse et fébrile ! Mais c’est bon j’ai compris. Tu vas arriver. C’est maintenant et je l’ai accepté.
Ce n’est absolument pas le moment, mais c’est ton moment. Comme d’habitude ! Et qui pourrait lutter contre ça, contre toi ? Pas moi.
Elles continuent toutes les 6 minutes. Mais celle de 22h06 ne vient pas… Je l’attends mais rien. Je décide de me faire une tisane et d’aller me
coucher. Je l’attendrais quasiment une heure, espérant cette fois qu’elle vienne. J’avais accepté l’idée, lâcher prise et non… encore un pré-travail. Je suis déçue. Je reçois des messages de ma
mère et de ma belle-sœur. Non tout c’est calmé. Elles vont me laisser dormir. Ce n’est pas pour maintenant.
23h. Je me lève pour ranger ma tasse. Là
je dois m’accrocher au plan de travail de la cuisine. Les contractions reprennent ! Et hop c’est reparti ! Toutes les 6 minutes à peu près.
J’installe le ballon. Je mets mon CD de harpe qui va m’accompagner presque jusqu’à la fin. Allume les bougies de mon blessingway. Je prévois d’en
allumer quelques unes tout le long du travail. D’abord trois sur la petite table et trois sur la grande table. J’aurais le temps de tourner. L’éclairage est juste parfait. Je sors mon collier
d’accouchement et le pose sur la grande table. Je vais en caresser les perles de temps en temps. Mais, autour du cou, je ne supporte rien. J’ouvre un paquet de figues séchées et prépare ma
bouteille d'eau avec mon mélange homéopathique (à boire tout le temps du travail).
Jusqu’à minuit je vais marcher, m’étirer, me mettre sur le ballon,… Je vais aussi installer ma toute dernière écharpe accroché à l’escalier. J’y
mets mes fesses et mes reins dedans et passe les contractions en me balançant et m’étirant,…. Quand cela devient trop intense, j’ai juste à me mettre
sur le ballon accroché au hamac et l’intensité diminue, voir même j’ai le droit à une pause dans le travail. Régulièrement je mange une figue et bois un peu d’eau. J'en ressens le besoin entre
chaque contraction. Pourtant je suis en forme. Si je me forçais, je pourrais ne pas manger. Mais je ne sais pas comment l’expliquer. Je sais que ça me fait du bien pour plus
tard. Mon coprs se prépare aux heures qui vont suivre et m'ordonne de me nourrir et de m'hydrater.
J’aime ce travail seule avec moi-même. Je suis dans une bulle. Je savoure l’ambiance : la lumière, la musique,… C’est juste parfait, magique,…
Un accouchement de nuit où tout autour est silencieux, comme je l’avais tant imaginé, souhaité, rêvé. J’aime ce calme autour de ma tempête intérieur.
Dimanche 15 avril :
Mais vers minuit, je ne suis plus sûr de
pouvoir monter les escaliers pour aller réveiller Stéphane et j’entends Loevan qui, lui, se réveille. Je décide donc d’aller tant que j’en ai encore la possibilité. J’ouvre la porte, lui dit que
je vais avoir besoin de lui et que notre fils se réveille.
Je redescends. J’ai besoin d’être en bas. Steph descend se faire un café.
« Je t’avais dit de te
réveiller en douceur chéri
- Et moi je t’avais dit pas
de nuit ! » Plaisante-t-il encore endormi.
Loevan ne s’est pas rendormi comme nous l’avons cru. Stéph remonte vite. Il essaye de le calmer, mais mon fils me réclame. Je fini par monter et lui
explique calmement les choses en lui caressant la main. Tu te souviens mon chéri dans ton livre quand le bébé arrive. Le ventre de la maman se serre fort
et elle a besoin de calme. C’est ce qui se passe maintenant. Le bébé arrive. Le ventre de maman se serre et j’ai besoin d’aller en bas avec papa. Mais nous sommes là mon petit. Tu appelles si tu
as besoin.
Il se retourne serein et se rendort.
Nous descendons. Je continu mon voyage entre marche, ballon, écharpes, figues séchées, eau… pendant que ton papa boit son café et ramasse 2/3 trucs
qui trainent (ce serait dommage de se blesser sur un jouet). Nous discutons. Il plaisante de nouveau sur la nuit. Mais moi je le savais. La nuit est mon "élément" depuis le début de cette
grossesse. Des insomnies où je me sens réellement bien. Pas de monstres ou quelconques peurs d’enfants, juste le calme, la douceur, les étoiles,… un univers parfait pour moi, toi et mon
corps.
Steph « vole » des photos de temps en temps comme je lui avais demandé pendant la grossesse. Lors des contractions, il a ordre de virer le
flash, même si la photo doit être floue… Au final, c’est bien les floues qui me procurent le plus d’émotions quand je les regarde. Entre deux contractions, nous nous prenons en photo. Nous
devions en faire une avec mon gros ventre comme pour les deux précédentes grossesses, c’est le moment où jamais. Il sera trop tard dans quelques heures. Pas le temps de bien cadrer, tant pis,
mais une photo pleine d’émotions.
Loevan se réveille une nouvelle fois. Je propose qu’il vienne avec moi. Steph va le chercher, le couvre et l’installe sur le canapé juste à coté du
hamac et du ballon, là où je me trouve. Je lui parle un peu, lui explique les choses. Alors, toujours sereinement, il se met à somnoler. Cela me ramène à sa naissance. Quand Chiara était à mes
côtés faisant les mêmes sons graves que moi pour passer les contractions.
A un moment, je me suis allongée près de lui pour qu’il mette la main sur mon ventre et sente une contraction le durcir. Il me sourit tout endormi
et repart dans sa somnolence.
0h40. Nous appelons ma mère. Elle croit à une blague vu que 2/3h avant je lui avais dit que tout s’était arrêter. Elle venait à peine de s’endormir
qu’elle doit se lever et refaire 45 min de route. Je m’en veux un peu ! J’aurais du lui dire de rester.
Nous continuons à danser avec les contractions. Elles sont rythmées bizarrement. Toutes les minutes parfois ! Une toute petite prend la tête
puis une plus forte, beaucoup plus forte, prend la suite. Comme si la « vraie » contractions partait en écho et m’emportait très loin ! Steph m’incite à appeler Catherine. Je ne
suis pas sûre. Mais au bout de quelques contractions, je lui dis d’y aller. Il peut l’appeler. Moi je ne peux pas, même si j’arrive à lui dire ce qu’il doit lui dire. Je ne me sens pas en état de
tenir une conversation.
Elle se prépare et arrive.
Ma mère arrive. Elle est épuisée (tu
m’étonnes !). Ne se sent pas de repartir avec les petits de nuit. Moi, je ne me sens pas de faire tout l’accouchement avec les enfants présents. Elle est désolée. Mais je ne lui en veux
pas ! Elle ne va pas reprendre la route et avoir un accident. Simplement, il faudra surement aller chez Marie qu’on ne voulait pas déranger à la veille de son départ pour son mariage. Ok
c’est le plan. Elle se repose avec les enfants là-haut et je donnerais le signal pour qu’ils partent. Elle monte avec Loevan. Mais bien sûr, dans le petit lit, elle ne dormira pas
beaucoup.
Moi je gère les contractions debout les reins dans l’écharpe. Mon chéri me propose un bain. Après hésitation j’accepte. Je rentre dedans vers
2h/2h30 du matin. Steph est super. Il devance mes envies comme s’il était plus connecté à mon propre corps que moi ! Après le bain, il va chercher une bougie de mon blessingway. Il l’a pose
sur le meuble près de la baignoire. C’est là que je remarque que c’est celle de ma mère. Cette belle lumière va nous accompagner jusqu’au bout. Il me propose une tisane. Je vais pour dire non et
puis non j’en ai très envie !
L’eau ne couvre pas tout mon ventre (punaise en fait une piscine ça aurait été le pied !) mais comme j’ai surtout mal au bas ventre et au
bassin cela soulage bien. Dans le bain, je vire mes bracelets d’ambre et de blessingway.
Steph me prépare des vêtements. Un t-shirt et une culotte pour la sortie du bain. Au bout d’un moment je veux sortir, mais Stéphane est en bas. Ma
tisane ? Je ne sais plus. Je laisse encore passer une contraction dedans et préfère l’attendre. Heureusement, j’ai eu du mal à sortir.
A partir de là, les choses commencent à devenir très floue. Je ne me souviens pas forcément de tout et dans la bonne chronologie.
Je m’habille mais ne mettrait pas la culotte, je me souviens que pour Loevan j’avais eu trop de mal à la retirer. Autant rester sans dès
maintenant.
Je décide de m’installer dans la chambre. Je n’ai plus envie d’aller en bas. Je demande à Steph mon cd de harpe, mes figues et ma bouteille. Ma mère
fait un aller-retour aux toilettes toutes gênée de nous déranger. Nous la rassurons. Il n’y a aucun problème.
Catherine arrive. Steph descend lui ouvrir.
Pendant la contraction, je suis bien contre le mur à frotter mon dos, comme un ours frotte le sien contre un arbre.
Steph installe la bâche, avec la couverture au dessus, avec l’aide de Catherine. Nous discutons un
peu. Je lui parle de mes doutes, des rythmes bizarres des contractions : celles en « écho » toutes les minutes suivit d’une longue pause, le ballon qui calme - ou même arrête- les
choses,... Je ne me souviens plus trop de ses mots, mais comme d’habitude ils sont rassurants. Steph lui propose une tisane. Elle accepte volontiers.
Il descend. Pendant ce temps, je m’installe sur le ballon et nous écoutons le cœur du bébé (rythme parfait) et elle me prend une tension (12/8 parfait !). Steph remonte nous continuons à
papoter. Une contraction me prend sur le ballon. Elle est intense. Alors que depuis le début le ballon me calmait.
Catherine décide de redescendre pour nous laisser gérer seul. Nous laisser créer notre bulle…

A ce moment là, les choses
sont encore plus floues. Je vais les notés comme elles me reviennent sans savoir si c’est dans l’ordre. J’ai géré un moment debout. Je ne sais pas quand est-ce que j’ai eu envie de me mettre au
sol ( Je sais qu’à un moment j’avais essayé. Mais c’était trop tôt. Ca n’avait pas été gérable. Au bout d’un moment le corps dicte sa propre danse. Il ne faut pas essayer de devancer les choses).
Quand me suis-je déshabillée ? … Aucune idée. Je me suis même rhabillée avec un autre t-shirt à un moment. Puis j’ai de nouveau tout viré.
Steph est là. Il me rassure. Moi j’en ai marre. J’ai du mal à rentrer dans ma bulle. Je n’y arrive pas. En fait le rythme ne s’accélère pas !
Mais l’intensité augmente. Je me dis à plusieurs reprises que, si les contractions sont autant espacées, c’est que nous ne sommes qu’au début. Mais je ne les supporte déjà plus. Alors comment je
vais faire pour aller jusqu’au bout ?! Je dis à Stéphane que ce n’est pas si bien de savoir en fait, de l’avoir déjà vécu et de devancer les choses.
Catherine fait des allers retours, toujours au bon moment. Ses mots me rassurent. Mais les contractions me vident totalement. Je sens toute mon
énergie s’évaporer de moi, comme si elle glissait vers mon ventre pour disparaitre. A la fin fébrile de chaque vague, je saute sur le paquet de figues pour essayer de retrouver des forces plus
vite qu’elles ne me quittent. Surtout j’ai mal même entre les contractions. Je ne trouve pas de répit ! Mon bassin est horriblement douloureux
et je ne récupère pas ! Je sais pourtant que c’est primordial. Alors j’ai peur. Il y a trop d’espace entre les contractions. C’est bizarre ce que je vais dire, mais elles me laissent trop de
répit. Elles ne m’embarquent pas. J’ai trop le temps de cogiter, de devancer, d’avoir peur, de refuser ce qui se passe. Pour Loevan j’étais devenue totalement animale et ca avait aidé ! Ici
mon cerveau est trop connecté et ce n’est pas bon. Sur certaines contractions je bouge le bassin et ça fait un bien fou… Sauf que mes ligaments et mes muscles sont trop contractés. Alors,
souvent, je n’y arrive pas, me crispe et ai l’impression d’être terrassée par la contraction… En outre, elles ne sont toujours pas toutes les 3 minutes ! Des fois 10 minutes, même 15 minutes
les séparent ! Comment je vais faire pour tenir ?
A plusieurs reprises je cris
« noooon » et Catherine me répète en douceur de dire oui au contractions et de faire qu’un avec elles. J’hurle non et je l’entends me dire tout doucement « ouiiiiii ». Mon non
et son oui se mélangent.
4h (horaire vérifié grâce aux appels noté
dans le téléphone portable).Les mains sur le ballon, je me mets à crier « j’ai mal ! ». Je n’ai pas envie que les enfants entendent ça, qu’ils associent ça au bébé. Je dis à Stéph
qu’il est grand temps qu’ils partent. Il réveille tout le monde et appelle Marie. Puis il me laisse pour les emmener.
Il me racontera que Catherine s’est occupée de Chiara, l’a habillée, lui a parlé,… Ma grande est partie serrant son livre sur la naissance contre
elle. Mon fils, lui, était totalement dans les bras de Morphée.
Moi, je ne capte plus rien. J’essaye de traverser les contractions tant bien que mal. D’un seul coup, cela pousse. Je panique ! Steph n’est pas
là et je suis en train de pousser mon bébé ! Non ce n’est pas le bébé. Je cours aux toilettes et voilà que je me vide !
Je me lave et retourne passer les contractions dans la chambre. Apparemment quand il rentre, Catherine est avec moi. Moi je ne me souviens de rien.
Juste de vagues qui m’emportent toujours plus loin et de moi désespérée au possible de me dire qu’elles n’ont toujours pas atteint le rythme de toutes les 3 min et que je ne vais pas continuer
longtemps comme ça !
Au bout d’un moment, je veux me mettre
dans les bras de mon homme. Catherine lui propose de se mettre sur le ballon. Je m’agenouille et m’accroche à lui. Il est en t-shirt. Je voudrais sentir sa peau contre la mienne et non un tissu.
Mais la contraction est là, trop tard. Je lui demanderais de l’enlever après celle-ci, avant la prochaine. Je plonge ma tête dans son coup et m’agrippe à son tshirt que je tords, broie et tire
dans mes mains… Non en fait son tshirt m’aide ! J’ai besoin de m’agripper. C’est bien comme ça ! Steph est bien dedans, bien dans cette naissance. Je le sens… Je retrouve le roc que
j’avais pendant la poussée de Loevan. Je retrouve l’homme doux qui m’aide en cette fin de grossesse. Il est mon cap et m’accrocher à lui me permet de ne pas perdre pied totalement. Catherine est
en train de redescendre quand je me mets à pleurer. J’éclate en sanglot. Elle remonte. Me demande ce que j’ai. La peur ? La fatigue ? Je lui lance un « c’est pas forcément
mauvais » et elle comprend immédiatement que je suis juste en train de lâcher prise un peu plus. Je pleure pour beaucoup de chose. Me sentir enfin bien, là, dans les bras de mon homme est un
immense soulagement. Je pleure parce que je sais que d’ici quelques heures j’aurais mon bébé. Je pleure à cause de la tempête que nous avons traversée et de celle que nous traversons encore.
J’aurais tant aimé que cette grossesse et cette naissance se fasse loin de tout ça. Je pleure parce que j’ai mal et je suis fatiguée.
Je pleure ! Je sens que, là dans les bras protecteur de mon homme, j’ai le droit. C’est le bon endroit. Alors je pleure. Et lui, mon amour,
m’accueille tout simplement.
Catherine redescend.
Je ne sais pas combien de temps va s’écouler à gérer comme ça plus ou moins bien. Je n’arrive toujours pas à récupérer. Et puis je me mets à pousser
à un moment. Je me précipite aux toilettes et vais y rester quelques contractions à (encore !) me vider littéralement. Je râle ! J’en ai marre ! Il ne manquait plus que ça !
En plus, je ne suis pas bien sur les toilettes ! Mais hors de question de me faire dessus, surtout devant mon homme ! Non ça je ne veux pas ! Je l’ai d’ailleurs viré des toilettes
alors qu’il voulait rester avec moi… et il me manque ! Mais là s’en est trop ! Je veux rester seule. Je tape contre le mur, râle, maltraite un paquet de papier,…
A la fin, je vais me laver tant bien que mal entre les contractions. Et puis je presse Steph pour qu’on se remette comme avant. Il a tout préparé
pour que je me sente le mieux possible au cas où ça me reprennent. Il a mis des alèses,… sauf que j’espère bien que ça ne me reprendra pas !
Catherine me masse les reins doucement. Ca me calme et me soulage un peu. Je m’en souviens encore comme d’une lumière me sortant du noir. Des mains
chaudes, douces et magiques calmant un peu ma détresse.
Je suis assise les jambes écartées, le dos ronds,… et je passe les contractions.
Je suis de nouveau dans les bras de mon homme et je m’accroche à lui physiquement et moralement.
Nous écoutons le cœur du bébé tout est parfait.
Catherine me propose de marcher pour accélérer un peu. Je pense qu’elle me sent à bout. Je lui dis non. Bouger pour aller aux toilettes m’a déjà
épuisée 100 fois plus qu’à genou. Alors elle me propose de m’allonger sur le coté et de remonter ma jambe droite (celle en l’air) à chaque contraction pour soulager mon bassin qui porte tout
depuis des heures (des mois !), pour soulager mon corps qui ne trouve pas de répit. Je ne suis pas super emballée par l’idée. M’allonger ne m’a jamais été agréable pendant le travail. Mais à
bout, j’accepte cette idée comme une aide qui pourrait être précieuse.
Ils m’aident à m’allonger. Me mettent des cousins un peu partout pour que je sois bien. Je vois Catherine prendre un de nos beaux oreillers avec
taie d’oreiller toute propre. Pendant une fraction de seconde, je suis tentée de dire « non pas celui-là ». Mais ce n’est pas le moment et entre mes jambes tout près de mes pieds c’est
juste agréable. Je me tais et savoure. Puis une contraction ! Je suis submergée par la violence qui s’installe dans mes reins. Pour me soulager, Catherine remonte ma jambe. Je sens un petit
craque dans mon ventre et du liquide s’écoule. Personne n’a rien remarqué. C’est à la prochaine contraction que Catherine demandera et que je lui confirmerais que, oui, ça a rompu juste
avant.
L’envie de pousser se fait plus forte. Je pousse mais ça ne soulage pas ! Je commence à vouloir m’accrocher quelque part pour tirer sur quelque
chose en même temps que je pousse. Mais je n’ai aucune prise. Alors je commence à chercher partout autour de moi. Je hurle « nooon ! » en tapant la jambe de Steph. Je balance une
bassine qui était au dessus de moi. J’ai voulu tirer dessus et j’ai vu qu’elle me serait d’aucune utilité. Je me mets à chercher partout et je ne trouve rien. Je fini par taper contre le mur et à
crier.
Malgré tout je ne change pas de position. Entre les contractions je suis bien. Je me dis que bébé devrait bientôt être là vu que ça pousse. A la
deuxième contraction, je me dis que bientôt Catherine ou Steph vont me dire que la tête arrive… mais non personne ne dit rien. J’attends encore une autre contraction. Mais dans cette position
j’ai vraiment le sentiment de mourir et personne n’évoque la tête cette fois non plus… Alors, la contraction passée, je dis à Steph de se dépêcher et de me mettre accroupi ! Je ne veux pas
rester allonger. Me voilà accroupie dans ses bras et je pousse. C’est mieux mais j’ai encore terriblement mal. Et la poussée se fait par contractions et pas en une fois comme pour Loevan. Je vais
devoir faire des pauses, mais je ne veux pas faire de pause. Je veux juste qu’il sorte ! Je me mets à genou parce que, vu la lenteur de la poussée, je ne vais pas pouvoir rester accroupi
longtemps. A chaque contraction, je pousse ! Certaines espacées d’autres très rapprochées. Là, nous avons peut-être atteints les 3 minutes d’intervalles. Même Catherine n’en sera pas sûre.
Elle était là avec nous, dans le moment à essayer de m’aider. Elle me dira peut-être toutes les 4 minutes, mais pas sûr. Je hurle que ça fait trop mal que je n’y arrive pas. Catherine me dit de
faire qu’un avec mon bébé. De penser à lui,… Mais je lui dis que je pousse mais que ça ne fait rien. Catherine m’explique que le bébé n’est peut-être pas engagé dans le bassin et qu’il n’appuie
donc pas sur le col. Toujours selon Catherine, je pousse pour l’engager. C’est différent mais utile. J’en ai marre. Je pousse en hurlant « mais sort bébé ! Viens ! ».
Catherine m’encourage. C’est bien de l’appeler de lui parler. Il faut que j’aille le chercher ce bébé. Il a besoin d’aide. Alors je continu à pousser et à hurler « sort bébé ! Je veux
qu’il sorte ! Mais viens ! »Et au bout d’un moment je sens la tête s’engager. Ca brule ! Elle sort tout doucement. Si doucement, en comparaison de celle son frère qui est
sorti comme un boulet de canon, que je crois que c’est fini au bout de la première contraction, que la tête au moins est passée, mais non. Alors il faut que je pousse encore. Mais j’ai
l’impression qu’elle ne glisse pas et que je pousse, je pousse et je pousse toujours pour rien. Je me souviens alors de comment j’avais poussé pour Loevan. Je reprends cette énergie et je hurle à
plein poumon pour dégager les dernières forces qu’il me reste. Je hurle et je pousse. Catherine touche pour vérifier l’avancer. Je lui somme de ne pas toucher ! Ca fait mal. C’est inutile ! C’est bon, plus besoin d’aide. Ca vient tout seul. Elle me dit qu’elle n’essayait pas d’aider mais de voir si ça avançait
bien et qu’elle ne retouchera pas. Elle avait posé seulement sa main tout en douceur. Mais ça brule tellement à cet endroit que je ne supporte pas. Et puis je pousse. La tête passe enfin et tout
suit. Je suis dans un état second. Je l’entrevois derrière moi. Puis je ne le vois plus. Je panique. Catherine et Steph me rassurent. C’est Catherine qui l’a pris. Elle va me le redonner.
Catherine ne nous dit rien sur le moment pour ne pas nous faire peur ; mais le cordon était au tour de son cou deux fois et autour de son bras une fois. Cependant aucuns soucis elle pleurait
déjà depuis un moment et le cordon était enroulé mais pas serré. Cela explique peut-être le rythme bizarre, lent mais intense, de ce travail et le fait que ce bébé n’était pas bien engagé dans le
bassin. Elle me propose de le prendre. Mais je ne peux pas ! J’ai mal partout et d’horribles crampes. Je suis comme pétrifiée. C’est horrible. Alors elle me le passe sous les jambes. Pour
que je puisse le voir et l’attraper. Et là je vois directement entre ses jambes et je m’exclame « c’est une fille ! ». Je me mets à trembler. C’est une fille ! Steph
m’embrasse.
Après je perds encore un peu pied
tellement mon corps entier est une douleur. Steph et Catherine m’allongent donc pour pouvoir me donner Melyn’Rose… et oui bébé arc-en-ciel va s’appeler Melyn’Rose. Je la prends contre moi. Steph
me dit de la remonter tout près de moi. Mais je me souviens que pour Loevan je n’avais pas pu à cause du cordon court. C’est à ce moment que Catherine nous dit que le cordon est suffisamment
grand pour que je la remonte jusqu’à ma poitrine et nous explique comment il était autour de notre fille. Elle nous rassure, tout va bien. Il ne la serrait pas. Elle a une belle couleur toute
rose et nous a fait entendre qu’elle allait bien.
Moi, je ne profite pas ! J’ai mal ! Ca me brule. Je tremble de partout. C’est horrible. J’ai envie que ça cesse ! Et j’ai mal au
ventre. J’en ai marre ! Pourquoi ne suis-je pas soulagée ? J’ai peur d’avoir trop déchiré, ce qui expliquerait la douleur. Catherine pense que c’est le placenta qui veut sortir. Elle
touche le cordon. Il ne bat plus. Elle le clampe. Steph le coupe. Il prend sa fille dans ses bras pour que Catherine s’occupe de moi. Oui, le placenta est décroché. Ce sont bien des contractions
et une envie de pousser que je ressens. Je pousse. Mais, encore trop crispée, je contracte mon périnée et laisse des membranes à l’intérieur. Le placenta est là, mais il reste des membranes
coincées dedans. Elle me dit qu’il va falloir les sortir et que ça ne va pas être agréable. Mais elles sont juste là, pas bien loin. Elle n’aura qu’à appuyer sur mon ventre et les attraper. Je me
souviens qu’elle appuie sur mon ventre. Ca fait mal. Mais elle est d’une douceur. Egalement avec douceur, j’attrape son bras (celui qui appuie sur mon ventre). J’ai besoin d’être en contact avec
elle, de me souvenir qui me touche, de ne pas oublier qui elle est,… pour ne pas avoir peur. Comme si les traumatismes ancrés en moi lors de mon premier accouchement pouvaient revenir me
submerger ! Je ne suis pas 6 ans dans le passé avec une sage-femme monstrueuse. Ma sage-femme est une personne empathique. Je suis dans ma chambre avec elle. Je n’ai rien à craindre. Elle ne
repousse pas ma main et continu à aller chercher les membranes qui restent.
Elle a tout récupéré. Mais ça me brule toujours le périnée. Alors elle me propose une toilette,… Elle me nettoie et regarde. Ca a déchiré un petit
peu mais rien de méchant. Comme je l’avais demandé, elle ne fait pas de point. Je mettrais des bouts de placenta dessus et ce sera radical !
A ma demande, elle laisse un linge un peu humide sur mon périnée. Puis on m’installe (tant bien que mal) sur le lit pour que je sois mieux. Ils me
donnent Melyn’Rose… A ce moment, même si les douleurs sont bien présentes et toujours très intenses, tout s’efface comme dans un moment de félicité.
Je suis sur un nuage. Soudainement mon corps arrive à se détendre. Plus rien n’a plus d’importance. Elle et moi. Ma fille dans mes bras. Tout est parfait. Elle tète et je revis.
Catherine nous annonce qu'elle mettait au monde son ainé le même jour quelques années plus tôt.
Je sais maintenant que les spasfons ont surement strictement rien fait puisque les changements de rythme n’ont pas cessé tout le long du
travail.
Elle restera 2h avec nous. Prendra ma tension, 12/8, « comme après une bonne nuit de sommeil » ! Pèsera bébé pour les papiers,
regardera encore ma déchirure, aidera à nettoyer la maison,… Puis nous laissera nous découvrir tous les trois. Elle nous dira qu’elle a assisté à quelque chose de magnifique entre nous trois, que
nous étions connectés et que c’était très beau, intense,… Elle y repensera deux jours après environ lors d’une autre naissance de nuit.
Elle reparlera du rythme en disant que les contractions étaient vraiment très longues, fortes et intenses. J’ai pu lui dire que je m’en suis voulu
pendant le travail de ne pas être dedans comme pour Loevan et d’avoir si peur. Elle m’a dit que ça venait surement de ce rythme bizarre très intense ! Parfois il n’y avait pas de contraction
pendant 15 min ! Et pour autant mon corps ne me laissait pas de répit. Moi j’ai cru ne pas être dedans mais au final au moment d’écrire ce récit il y a plein de souvenirs qui sont
floues ! Preuve que j’étais bel et bien dans un état second !
Nous nous sommes découvert en douceur.
Melyn’Rose ne veut pas trop être tripoté les première 24h. Elle préfère qu’on ne la bouge pas trop. Elle dort même seule à plusieurs moments sans nous ! Je me lève assez rapidement mais
Steph a peur vu que je me suis évanouie après la naissance de Loevan. Mais non, comme je n’ai pas attendu aussi longtemps pour me relever, ca tangue seulement un peu.
Les enfants sont rentrés le soir avec papi, mamie et tata. Ils ont découvert leur sœur tout émus. Loevan très brusque mais aux anges. Il est allé
chercher dans toutes les pièces où était le deuxième bébé… oui la petite sœur de Chiara ! Un chacun !!! On lui a expliqué. Il a comprit sans sembler être trop déçu.
Chiara, tout en douceur et en pudeur, se fait apprivoiser par sa petite sœur et vice et versa au fil des jours. C’est une deuxième petite maman
toute maternante. Le mardi nous passons une matinée entre filles qui sera merveilleuses.
Papi, mamie et tata aussi sont heureux. Il reste à manger le soir. La première soirée est dure. Je n’ai pas réussi à m’endormir dans la journée à
cause des fortes tranchée et de 20h à minuit Melyn’Rose pleure et tète. Moi je tombe de sommeil. Mais après elle nous laissera dormir 6h
d’affilée !
Le lendemain école. Je me lève. Je suis assez en forme. Loevan reste avec nous l’après-midi il est trop malade. J’ai du mal à l’endormir pendant que
Steph et Melyn’Rose font une sieste ensemble.
Tata et tonton passe te voir. Catherine passe tout va bien pour nous. Nous reparlons de l’accouchement,…
Le soir je fais à manger. Je me sens en pleine forme.
Le mardi par contre je me sens bien vidée. Mais je l’accepte ! Fallait bien un peu être fatiguée quand même. Je dors beaucoup et laisse Steph
gérer. C’est Chiara cette fois qui est à la maison. Elle est son papa font pas mal de crise d’asthme L Le temps ne leur laisse pas de répit L Le soir je fais que de pleurer, je réalise seulement maintenant tout ce qui vient de se passer.
Le mercredi je me lève à 7h et ne me couchera qu’à 22h. Je n’en reviens pas de tenir le coup comme ça.
Steph pense à allumer une bougie de mon blessingway chaque jour depuis la naissance. Cette attention me touche à chaque fois. Il est parfait
encore une fois.
Je n’avais pas soupçonné comment cette belle journée du 8 avril allait me porter une semaine plus tard pour mon accouchement. La première partie du
travail a été bercée par l’amour et la bienveillance des femmes qui m’ont accompagnée lors de cette journée.
Je partage le récit de cette naissance un mois après. Il reste pour moi très bizarre. Je ne sais pas comment
expliquer. Cet accouchement m’a vraiment déstabilisé. Ila repoussé encore plus loin mes limites.
Melyn’Rose est merveilleuse. Elle est comme dans mon ventre. Calme mais tonique. Totalement là mais dans la sérénité. Pas besoin de nous le faire comprendre. Elle
est présente tout simplement. J’ai l’impression qu’elle a déjà beaucoup de force en elle. Quelque chose rayonne en elle. Elle nous ancre au bonheur. Elle est arrivée dans notre famille comme si
elle en avait toujours fait partie. C’est une véritable merveille et je suis heureuse qu’elle nous ai choisit pour être sa famille.

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